Charles Caudrelier, tenant du titre de la Route du Rhum, a abandonné la course mardi 3 novembre au matin après la découverte d'une grave avarie de foil sur son Maxi Edmond de Rothschild, a annoncé son équipe. Le navigateur, vainqueur de l'édition précédente entre Saint-Malo et la Guadeloupe, a fait demi-tour vers Lorient, son port d'attache, qu'il devrait rallier durant le week-end.
Le rêve de doublé s'arrête donc à peine 24 heures après le départ. Selon Le Huffington Post, qui a rapporté l'information en premier, la décision a été prise en milieu de journée, en concertation avec l'écurie Gitana. Caudrelier s'alignait sur ce Rhum sept mois seulement après le baptême de son nouveau bateau, un Ultim révolutionnaire mais pas encore totalement fiabilisé.
Un foil bâbord sérieusement endommagé
Tout avait pourtant bien recommencé. Malgré un début de course prudent et des difficultés en manœuvres, le skipper était parvenu, lundi 2 novembre, à revenir au contact du duo de tête composé de Tom Laperche (SVR Lazartigue) et Armel Le Cléac'h (Banque Populaire), grâce aux performances de son trimaran en vitesse pure. Le Figaro relève que l'aventure s'est brisée à l'aube, peu avant 5 heures du matin.
C'est à ce moment que Caudrelier s'est rendu compte que son bateau avançait au ralenti, incapable de décoller « malgré des conditions propices au vol », a relaté son équipe dans un communiqué transmis à l'AFP. Après inspection des pièces, le navigateur a constaté que le foil bâbord était « sérieusement endommagé » et que des parties s'étaient arrachées, sectionnant même une partie de l'hydraulique connectée à la pièce.
L'avarie est irréparable, que ce soit seule en mer ou lors d'une escale sur le parcours, a affirmé l'écurie. Point notable : l'origine de la casse ne serait pas liée à un choc avec un objet extérieur.
« Ce que nous pouvons aujourd'hui préciser est que son origine n'est pas consécutive à un choc avec un objet extérieur », a déclaré Cyril Dardashti, directeur de l'équipe Gitana.
« Cette édition 2026 ne sera pas celle du doublé espéré mais ces quelques heures sur l'Atlantique posent clairement les jalons de l'histoire à venir », a-t-il ajouté.
Un pari technologique prématuré
Reste à comprendre ce qui a conduit le tenant du titre à se lancer sur une transatlantique en solitaire avec une machine aussi jeune. Le nouveau Maxi Edmond de Rothschild est le fruit de plusieurs années de travail, imaginé par le bureau d'études de l'écurie Gitana et l'architecte Guillaume Verdier comme le maxi-trimaran du futur. Ses appendices en Y, inspirés de ceux utilisés en Coupe de l'America, doivent rendre le voilier plus puissant dans des conditions variées. Ses safrans en U le rendent plus maniable à haute vitesse.
Mais de l'avis de tous les marins interrogés par l'AFP ces derniers temps, fiabiliser à 100 % une telle machine de pointe prend largement plus d'un an. L'écurie tentait donc un pari : moins de 10 000 milles parcourus à bord, dont une grande partie avec un seul foil sur les deux installés pendant la course, et peu de répétition en solitaire pour Caudrelier. On ne répétera jamais assez que la mer, elle, ne se laisse pas impressionner par les brochures.
« C'est forcément une grande déception (…) mais cela fait aussi partie de la vie de nos projets qui demandent un engagement quotidien et une grande persévérance. Gitana 18 n'est qu'au tout début de sa vie maritime », a avancé Dardashti.
La Route du Rhum donne ses premières leçons
Un jour après le départ de Saint-Malo, la course a déjà fait son moisson de malheureux. Ouest-France rapporte que Jérémie Beyou a également abandonné, et que la terrible Route du Rhum a donné ses premières leçons lundi 2 novembre à certains de ses 115 prétendants. Franceinfo confirme que l'avarie de foil du tenant du titre met fin à ses espoirs de doublé sur cette édition 2026.
C'est la loi du genre. La Route du Rhum, course en solitaire tous les quatre ans, n'a jamais rien distribué gratuitement. Elle récompense la préparation, la prudence et la patience, vertus que nos aînés, de Tabarly à Colas, pratiquaient avec une rigueur que la technologie moderne ne remplace pas. Le spectacle des géants volants séduit, certes, mais la mer rappelle périodiquement que la fiabilité se gagne au compteur des milles, pas à celui des communiqués.
Une lignée qui a du répondant
Rien n'est perdu pour autant pour la maison Gitana. Le grand frère de ce bateau, baptisé Gitana 17, avait initié l'ère du vol océanique en multicoque en 2017, avant de quasiment tout écraser en course pendant des années. Le 18e du nom est lui aussi appelé à marquer une révolution, mais il faudra attendre encore un peu.
Caudrelier, lui, garde ses ambitions pour l'avenir, comme l'a souligné son équipe. Le skipper devrait rentrer à Lorient, dans le Morbihan, pendant le week-end. La course, elle, continue vers la Guadeloupe sans lui, avec Laperche et Le Cléac'h en tête.
Ce qu'il faut retenir de l'abandon de Charles Caudrelier
Pourquoi Charles Caudrelier a-t-il abandonné la Route du Rhum 2026 ?
Le skipper a découvert mardi 3 novembre, peu avant 5 heures du matin, une grave avarie du foil bâbord de son Maxi Edmond de Rothschild. Des parties du foil se sont arrachées et ont sectionné une partie de l'hydraulique, une casse irréparable en mer selon son écurie.
La casse est-elle due à un choc avec un objet flottant ?
Non, selon Cyril Dardashti, directeur de l'équipe Gitana, qui a précisé que l'origine de l'avarie n'est pas consécutive à un choc avec un objet extérieur.
Quel bateau skippait Charles Caudrelier ?
Il courait sur Gitana 18, un maxi-trimaran Ultim baptisé il y a sept mois, conçu par le bureau d'études de l'écurie Gitana et l'architecte Guillaume Verdier avec des foils en Y inspirés de la Coupe de l'America.
