Les accidents vasculaires cérébraux ne sont plus l'apanage des seniors. Le 22 octobre 2026, dans l'émission Les conseils du Docteur Kierzek diffusée sur ICI, le Dr Gérald Kierzek, directeur médical de Doctissimo, a rappelé que des adultes de 20 à 54 ans sont de plus en plus touchés, et que trois signes simples doivent déclencher un appel immédiat au 15.
Un sourire qui se déforme, un bras qui lâche, des mots qui ne sortent plus : ces symptômes brutaux, souvent minimisés par les intéressés eux-mêmes, peuvent signer un AVC chez un adulte jeune et actif. Le message du médecin est sans ambiguïté : ne pas hésiter, appeler. Chaque minute compte, car le cerveau manque brutalement d'oxygène.
Une progression documentée chez les 20-54 ans
Le Dr Kierzek s'appuie sur une étude américaine publiée dans la revue Neurology en 2026. Dans une région de l'Ohio et du Kentucky, l'incidence des AVC chez les adultes jeunes est passée de 33,9 à 62,2 cas pour 100 000 personnes-années entre 1993-1994 et 2020. Le médecin qualifie cette hausse de signal d'alerte. Prudence toutefois : il s'agit d'une tendance préoccupante observée outre-Atlantique, non d'une photographie de la situation française.
En France, l'AVC reste plus fréquent avec l'âge, mais il n'épargne pas les moins de 65 ans. Selon Santé publique France, 25,4 % des adultes hospitalisés pour AVC en 2022 avaient moins de 65 ans. La même année, 78 % de ces accidents étaient ischémiques, c'est-à-dire liés à l'obstruction d'une artère ; plus rarement, une artère se rompt et provoque une hémorragie cérébrale. ICI revient également sur les raisons pour lesquelles les 20-54 ans sont de plus en plus concernés.
Quels facteurs expliquent cette hausse ?
L'étude citée par le médecin retrouve plusieurs facteurs plus fréquents chez les jeunes adultes victimes d'un AVC. Cette lecture doit rester prudente : il s'agit d'associations, non d'une preuve qu'un seul facteur résume la situation d'une personne. Le risque est multifactoriel.
- L'hypertension artérielle, le diabète et certains troubles du rythme cardiaque, comme la fibrillation atriale, figurent parmi les facteurs à surveiller médicalement.
- Le tabac, la sédentarité, l'alcool, le surpoids ou l'obésité augmentent le risque cardiovasculaire.
- La consommation de drogues est également citée par le Dr Kierzek, notamment la cocaïne et le cannabis, sans que toutes les substances soient placées au même niveau de preuve.
Chez les femmes, le médecin mentionne l'association entre contraception estroprogestative, tabac et antécédents de migraine. Point de bon sens : ce sujet mérite un avis personnalisé auprès d'un médecin, d'une sage-femme ou d'un gynécologue. On ne change pas une contraception seule, sur un conseil entendu à la télévision.
VITE : le mémo pour agir sans attendre
Pour ne pas hésiter face à des symptômes brutaux, le Dr Kierzek propose de retenir le mot VITE, qui recoupe les messages d'urgence officiels. La Revue du Praticien détaille d'ailleurs l'ensemble des signes d'alerte à connaître.
- Visage : la bouche se déforme, le sourire devient asymétrique.
- Inertie : un bras ou une jambe devient faible, engourdi ou ne répond plus.
- Trouble de la parole : la personne cherche ses mots, articule difficilement ou n'arrive plus à parler.
- Extrême urgence : appeler immédiatement le 15 ou le 112.
Un piège fréquent mérite d'être souligné : se rassurer parce que tout disparaît en quelques minutes. Le Dr Kierzek rappelle qu'il peut s'agir d'un accident ischémique transitoire, souvent présenté comme un « mini-AVC ». La conduite à tenir ne change pas : on appelle les secours même si les symptômes s'effacent. L'imagerie cérébrale, de préférence par IRM quand elle est possible, et les décisions de traitement relèvent ensuite des équipes hospitalières.
Cette urgence n'a rien de théorique. Plus la prise en charge est rapide, plus les médecins peuvent évaluer l'accès à certains traitements, comme la dissolution ou le retrait d'un caillot, lorsque l'AVC est ischémique et que les conditions sont réunies. Ces traitements dépendent du type d'AVC, du délai, de l'imagerie et des contre-indications. Récemment encore, Hebdo39 rapportait qu'à Lons-le-Saunier, les soignants insistaient sur ces mêmes signes face à des victimes souvent jeunes.
Prévention : des gestes simples, une discipline personnelle
En prévention, le Dr Kierzek cite des gestes simples : faire contrôler sa tension, arrêter le tabac, arrêter les drogues. Pour les consommations avec dépendance, l'arrêt peut nécessiter un accompagnement professionnel, sans jugement.
Rien de révolutionnaire dans ces conseils, mais du bon sens médical : la santé publique commence par la responsabilité individuelle. Un pays qui valorise l'effort et la discipline n'a rien à perdre à rappeler que le corps, comme la cité, se préserve par des règles tenues dans la durée.
Ce qu'il faut retenir
Quels sont les trois signes principaux d'un AVC ?
Un sourire asymétrique, un bras ou une jambe qui ne répond plus, et des troubles de la parole. Si l'un de ces signes survient brutalement, il faut appeler le 15 ou le 112 immédiatement.
L'AVC touche-t-il vraiment les moins de 65 ans ?
Oui. Selon Santé publique France, 25,4 % des adultes hospitalisés pour AVC en 2022 avaient moins de 65 ans. Une étude américaine publiée dans Neurology en 2026 montre par ailleurs une nette progression chez les 20-54 ans.
Faut-il consulter si les symptômes disparaissent vite ?
Oui, toujours. Des symptômes qui s'effacent en quelques minutes peuvent révéler un accident ischémique transitoire, un « mini-AVC » qui annonce parfois un AVC plus grave. Le réflexe du 15 reste la règle.
