L'ailier de l'US Montauban Paul Vallée, freisé depuis la reprise par des pépins physiques, veut enfin lancer sa saison de Pro D2 à l'occasion du déplacement chez l'US Dax, vendredi 17 octobre. Titularisé seulement deux fois depuis la remontée du club tarn-et-garonnais, le joueur de 24 ans l'a confié à Ladepeche.fr dans un entretien publié le 15 octobre.
La saison 2025-2026 de l'USM a changé de visage. Après l'éprouvante parenthèse en Top 14, le club est revenu à l'étage inférieur avec des ambitions assumées. Pour Paul Vallée, le retour en Pro D2 devait être celui d'un joueur confirmé. Il se transforme pour l'heure en course contre la montre.
Un début de saison contrarié par la physique
Les chiffres de l'an dernier donnent la mesure du contraste. Durant l'exercice en Top 14, Vallée a compté 17 titularisations et inscrit sept essais, dont un doublé sur la pelouse de la Section paloise pour clore la saison. De quoi nourrir de grandes attentes. Mais l'été a été contrariant.
« J'ai eu quelques pépins à la fin de la préparation physique qui m'ont empêché de bien commencer la saison », a-t-il expliqué. « Après, j'ai été apte assez rapidement, dès la deuxième semaine du championnat. Forcément, j'ai les crocs. J'ai envie de reprendre du plaisir sur le terrain et de retrouver des sensations en mettant beaucoup d'intensité car je n'ai pas eu beaucoup de temps de jeu. »
Le propos est celui d'un professionnel qui refuse la complainte. Pas de reproche au staff, pas d'excuse : une mise au point personnelle. « Je me dis que ça fait partie du métier. À moi de me remettre en question », a poursuivi le Montalbanais. « La saison dernière s'était plutôt bien passée, mais c'est la saison dernière. Maintenant, à moi de retrouver mon jeu, mon rugby, parce que j'ai raté le début de saison. »
Une concurrence saine sur les ailes
Le paradoxe du sport collectif, c'est que l'absence des uns fait le bonheur des autres. Pendant que Vallée soignait son corps, Josua Vici et Stéphane Ahmed ont pris possession du couloir et ne l'ont pas relâché. L'ailier ne s'en plaint pas, il salue.
« Ils font un très bon début de saison. Sur les ailes, ça fonctionne, aussi bien offensivement que défensivement », a-t-il reconnu. « Il y a de la concurrence partout, ça fait partie du métier. Mais ici, elle est très saine et nous pousse vers le haut. »
On aimerent voir plus souvent ce genre de propos dans nos clubs. La concurrence qui élève, l'humilité qui précède la performance : voilà une éthique de travail que nos grands modèles du rugby français, de la génération Fabien Galthié aux anciens de Colomiers, n'auraient pas reniée. Le vestiaire montalbanais semble avoir retrouvé ce que les anglo-saxons appellent la culture du club, et que nos fédérations auraient tort de négliger.
Un collectif retrouvé après la traversée du Top 14
L'an passé, l'USM jouait sa survie face à des adversaires plus lourds, plus riches, plus armés. Cette saison, la donne a changé. « L'année dernière, ce n'étaient pas les mêmes matchs : on était moins dominants. Cette année, il y a plus de jeu, on est davantage dominateurs », a constaté Vallée.
La cohésion n'est pas un mot creux ici. « On a fait pas mal de choses pour la renforcer cet été et ça a marché », a-t-il détaillé. « Le groupe a beaucoup changé avec des nouveaux joueurs qui se sont bien intégrés. On a fait en sorte que ce soit le cas. Je trouve que ça commence à se voir sur le terrain avec un beau collectif. »
Dans un rugby professionnel de plus en plus géré comme une entreprise, où les joueurs changent de maillot comme de vêtement, cette volonté de souder un groupe vaut d'être soulignée. Le club tarn-et-garonnais, structure régionale modeste face aux budgets mirobolants de l'élite, fait ce qu'il peut avec ce qu'il a. Et le fait bien.
Dax, un déplacement à haut risque
Vendredi, l'USM se rend dans les Landes pour affronter une équipe dacquoise invaincue à domicile. Huitième au classement, à trois points des Montalbanais, l'US Dax marque beaucoup de points chez elle et pratique un jeu rapide et offensif. Le match a valeur de test.
« C'est un beau challenge parce que Dax, à domicile, c'est costaud. Ils mettent beaucoup de points chez eux », a prévenu Vallée. « C'est une équipe très rapide avec un beau jeu offensif. Le défi, pour nous, sera en défense, mais il faudra garder du répondant en attaque. On a commencé à voir des choses intéressantes contre Brive. Il faut rester sur la même dynamique. »
L'enjeu comptable est réel : une victoire permettrait aux Montalbanais de creuser l'écart sur un rival direct et de conforter leur place dans le Top 6. Mais le joueur appelle à la mesure. « C'est encore le début du championnat. On sait qu'en Pro D2, il peut y avoir beaucoup de surprises. Aujourd'hui, le classement ne signifie pas encore grand-chose », a-t-il jugé. « Mais deux équipes si proches, ça risque de donner un beau match. »
Sagacité du vétéran ou prudence du compétiteur ? Les deux sans doute. La Pro D2, championnat le plus serré d'Europe, pardonne peu les excès d'orgueil en octobre. Le printemps sera le moment des comptes.
Ce qu'il faut retenir avant Dax-Montauban
Quelle est la situation de Paul Vallée à l'US Montauban ?
Le joueur de 24 ans n'a été titularisé que deux fois depuis le début de la saison de Pro D2, freiné par des pépins physiques contractés en fin de préparation estivale, selon Ladepeche.fr.
Quels sont les chiffres de Paul Vallée en Top 14 ?
Lors de la saison écoulée en Top 14, le pilier du jeu montalbanais a compté 17 titularisations et marqué sept essais, dont un doublé face à la Section paloise lors de la dernière journée.
Quels enjeux pour le match US Dax-US Montauban ?
Vendredi, Montauban, installé dans le Top 6, affronte une équipe dacquoise huitième à trois points, invaincue à domicile. Une victoire consoliderait la position montalbanaise au classement.
