Un Tarbais de 57 ans expose pour la première fois ses bonsaïs en fil d'aluminium à la médiathèque de Lourdes, où son exposition « Essences tressées » reste visible jusqu'au 31 octobre 2026. Pierre Barnabé, prothésiste dentaire de métier, façonne depuis quatre ans des arbres miniatures entièrement confectionnés à la main, si réalistes que les visiteurs s'y trompent au premier regard.
C'est La Dépêche qui révèle ce parcours atypique. La médiathèque de Lourdes a trouvé la formule juste pour le présenter : « l'homme qui fait pousser le métal ». On ne saurait mieux dire.
Une passion née d'une vidéo et d'un temps retrouvé
L'histoire commence par un coup dur. Après des soucis de santé, Pierre Barnabé a repris son métier à temps partiel. Le voilà avec du temps libre, et une curiosité qui traîne. Un jour, il tombe sur une vidéo de création d'un bonsaï en fil d'aluminium.
« Moi qui adore cet arbre, j'ai été littéralement subjugué et ça m'a donné envie de faire mes propres créations », raconte-t-il.
Il faut dire que le bonsaï, cet art venu du Japon, le passionnait depuis longtemps. La greffe a donc pris sans effort. De fil en aiguille, la curiosité devient un loisir qui occupe une grande partie de son temps libre. Les premières créations, il les offre à ses collègues. Aujourd'hui, il vend ses pièces sur les marchés de créateurs et les marchés de Noël qu'il fréquente régulièrement.
800 mètres de fil, 300 torsades pour un tronc
Le secret tient en trois mots : coup de main, patience, rigueur. Des valeurs que nos écoles de la République enseignaient autrefois et que l'on cherche parfois en vain dans la France d'aujourd'hui. Pierre Barnabé, lui, les pratique chaque soir à Tarbes.
Son atelier déborde de bobines de fil d'aluminium de toutes les couleurs. Les grands spécimens exigent plus de 800 mètres de fil, tordu, tressé, torsadé. Un tronc à lui seul peut représenter plus de 300 fils torsadés.
« C'est un peu comme du tricotage, sourit-il. Le but est vraiment de reproduire fidèlement un vrai bonsaï. En général, il me faut une dizaine d'heures pour créer un bonsaï en aluminium. »
Dix heures de travail pour une pièce. Voilà un homme qui compte son temps comme le menuisier compte ses copeaux. Dans un pays où l'on vante volontiers l'immédiateté et le virtuel, cette lenteur appliquée force le respect. Le geste précis, l'ouvrage soigné : c'est la tradition artisanale française, celle desCompagnons du Devoir, celle qui a fait la réputation de nos métiers d'art, que ce Tarbais perpétue à sa manière, sans tambour ni trompette.
Des ateliers gratuits pour transmettre le savoir-faire
La médiathèque de Lourdes a repéré son travail et l'a contacté pour monter cette exposition. Pierre Barnabé a créé des pièces uniques pour l'occasion.
« Cela fait quatre ans que je me suis lancé dans cet art et c'est la toute première fois que j'expose », confie-t-il.
Il ne s'est pas contenté d'accrocher ses arbres aux murs. Chaque mercredi et samedi après-midi, il anime un atelier gratuit de deux heures où il montre son savoir-faire, puis aide chaque participant à créer son propre petit bonsaï et à repartir avec. Transmission, gratuité, proximité : voilà une animation publique qui donne à une médiathèque municipale sa vraie raison d'être, bien loin des lubies de certaine élite culturelle qui confond culture et militantisme.
Les ateliers se tiennent les 21, 24, 28 et 31 octobre à 14 h 30. L'inscription est obligatoire, par téléphone au 05 62 94 99 94 ou directement auprès de la médiathèque de Lourdes.
Où voir l'exposition « Essences tressées » ?
L'exposition est visible à la médiathèque de Lourdes jusqu'au 31 octobre 2026, pendant les horaires d'ouverture de l'établissement. L'entrée à l'exposition comme aux ateliers est gratuite, selon
