Faut-il manger davantage dès que le thermomètre plonge ? La question revient chaque automne, et les médecins y ont répondu cette semaine : non, pas si vous vivez au chaud. Selon Doctissimo, le nutritionniste Arnaud Cocaul rappelle que le corps n'a pas besoin de calories supplémentaires tant que nous travaillons dans des bâtiments chauffés et que nous portons des vêtements chauds.
La Cleveland Clinic, citée par le média santé, estime que la dépense énergétique n'augmente qu'un peu par temps froid. La vraie réponse dépend donc du quotidien de chacun, pas de la météo affichée sur le thermomètre.
Thermorégulation : ce que le froid fait vraiment à l'organisme
Le corps humain doit maintenir sa température interne autour de 37 °C. C'est la thermorégulation. Quand l'air est froid, il produit un peu plus de chaleur, un phénomène appelé thermogenèse. Ce surcroît de dépense reste modeste pour une personne qui passe sa journée à l'intérieur.
Arnaud Cocaul, auteur de Lâchez du lest, mangez en paix, insiste : nos besoins ne diffèrent guère entre l'automne et l'hiver si l'on ne travaille pas longtemps dehors et si l'on dort au chaud. La médecin Faïza Bossy, interrogée par Allo Docteurs, résume le principe : aligner les apports sur les dépenses. Une assiette équilibrée garde la règle du tiers protéines, tiers féculents, tiers légumes.
Lumière, humeur et fringales : le vrai coupable n'est pas le froid
La baisse de lumière joue un rôle clé. Arnaud Cocaul rappelle que beaucoup de Français manquent de vitamine D dès novembre, ce qui favorise la fatigue et la déprime saisonnière. Des travaux repris par le magazine Janette évoquent aussi la baisse de sérotonine et de dopamine, deux messagers du cerveau liés à l'humeur. Sortir en plein jour ou utiliser la luminothérapie aide parfois à limiter les fringales de fin d'après-midi.
Il y a aussi le poids de la culture. Dès la Toussaint, se profilent les fêtes de fin d'année et les repas copieux, avec le retour de la raclette, de la tartiflette et des plats qui tiennent au corps. Ces aliments réconfortants apaisent après une journée dehors, mais deviennent superflus quand on passe ses soirées en télétravail.
Le constat rejoint celui d'aufeminin : entre chauffage, vie plus sédentaire et plats très riches, le risque est plutôt de manger davantage que ce que l'on dépense. Sauf chez les personnes âgées, pour qui l'enjeu peut au contraire être de repérer une sous-alimentation qui passe inaperçue derrière un bol de soupe fumant.
Le froid augmente légèrement les dépenses énergétiques, car l'organisme doit maintenir sa température. Mais de là à doubler les portions de gratin, il y a un pas que la médecine ne franchit pas.
Adapter son assiette d'hiver à son mode de vie
Concrètement, la question n'a pas la même réponse pour tout le monde. Avec une sédentarité en intérieur chauffé, mieux vaut garder ses portions habituelles et soigner la qualité : soupes de légumes oubliés, légumineuses, céréales complètes comme l'épeautre ou le sarrasin.
Pour un travail en extérieur prolongé ou un sport d'hiver intense, augmenter les féculents et ajouter une collation peut devenir utile. Arnaud Cocaul conseille, même l'hiver, de garder une grande place aux fruits et légumes de saison, frais ou surgelés, riches en antioxydants et utiles au système immunitaire.
Faïza Bossy met en avant les collations malines : un fruit, un laitier, quelques oléagineux plutôt qu'une viennoiserie. Les sites Marmiton et Janette rappellent enfin que l'alcool ou le vin chaud donnent une fausse impression de chaleur, sans protéger réellement du froid.
Renforcer ses défenses avant l'hiver
La question du froid ne se résume pas aux calories. Charente Libre souligne que, lorsque les températures baissent et que les journées raccourcissent, l'organisme est davantage exposé aux virus responsables des infections hivernales. Rhumes, grippes, maux de gorge ou fatigue saisonnière peuvent alors faire leur apparition.
Pour traverser cette période en pleine forme, le quotidien régional recommande de bonnes habitudes : soutenir naturellement son système immunitaire passe par l'alimentation, le sport et le sommeil. Une assiette équilibrée, un peu d'exercice et des nuits régulières valent mieux qu'une assiette surchargée.
Le rythme des repas compte aussi. Selon La santé au quotidien, modifier ses horaires de repas représente une stratégie simple pour alléger le corps et l'esprit durant la saison froide. Cette habitude soutient l'organisme dans sa lutte contre la fatigue hivernale. Au-delà de la perte de poids potentielle, c'est toute la qualité du sommeil et le métabolisme qui s'en trouvent améliorés.
Une tradition française à préserver, pas à surcharger
La raclette et la tartiflette appartiennent à notre patrimoine culinaire. Les supprimer au nom d'un dogme nutritionnel serait une erreur. Mais les transformer en prétexte quotidien pour doubler les rations, sous couvert de lutte contre le froid, relève d'une paresse intellectuelle que les médecins refusent.
Le message est simple : le froid ne justifie pas l'excès. Il justifie la qualité. Une soupe de légumes de saison, un plat mitonné avec des produits de proximité, un pot-au-feu partagé en famille valent mieux qu'un empilement de fromages fondues avalé devant un écran, dans un appartement chauffé à 21 °C.
Les petits commerçants, bouchers, maraîchers et fromagers de nos villages, ont tout à gagner à ce retour au produit plutôt qu'à la quantité. C'est une cuisine de terroir, pas une cuisine de calories.
Questions fréquentes
Faut-il manger plus quand il fait froid ?
Non, pas si vous vivez dans un logement chauffé et portez des vêtements chauds. Arnaud Cocaul rappelle que les besoins caloriques ne diffèrent guère entre l'automne et l'hiver dans ce cas. La dépense énergétique n'augmente qu'un peu, selon la Cleveland Clinic.
Pourquoi a-t-on plus faim en hiver ?
La baisse de lumière joue un rôle clé. Elle favorise la fatigue, la déprime saisonnière et la baisse de sérotonine et de dopamine, deux messagers du cerveau liés à l'humeur. Les fringales de fin d'après-midi en découlent souvent plus que le froid lui-même.
Que manger en hiver pour rester en forme ?
Des soupes de légumes, des légumineuses, des céréales complètes comme l'épeautre ou le sarrasin, des fruits et légumes de saison frais ou surgelés. Pour les collations, un fruit, un laitier ou quelques oléagineux valent mieux qu'une viennoiserie.
Le vin chaud protège-t-il du froid ?
Non. L'alcool donne une fausse impression de chaleur, sans protéger réellement du froid, rappellent Marmiton et Janette. Il ne remplace ni un vêtement chaud ni un repas équilibré.
