L'Observatoire du football CIES a publié mi-octobre son classement de la valorisation des recrues effectuées depuis 2022, et le bilan glace les supporters du côté de Manchester. Le club anglais affiche une dépréciation de 405 millions d'euros, le pire résultat d'Europe, tandis que l'Eintracht Francfort et le Real Madrid trustent les premières places.
Comme le rapporte Maxifoot, l'étude du CIES croise deux indicateurs : les plus-values réalisées sur les joueurs déjà revendus et la valeur estimée des recrues encore sous contrat. La mesure est économique, pas sportive. Elle dit une chose simple : qui gère bien, qui gère mal. Et la réponse n'est pas toujours celle qu'on attend.
Manchester United, l'argent jeté par les fenêtres
Le chiffre tombe comme un couperet : moins 405 millions d'euros pour Manchester United depuis 2022. Les Red Devils ont perdu 186 millions sur les joueurs qu'ils ont déjà cédés, auxquels s'ajoutent 219 millions de pertes potentielles sur ceux qui restent à l'effectif. Le tout pour un volume de transferts de 1,319 milliard d'euros.
À l'échelle mondiale, seul Al Hilal fait pire, avec un déficit de 502 millions d'euros, dont 315 millions sur les seuls joueurs vendus. Le club saoudien parvient à cet exploit avec un volume de transferts inférieur à celui de Manchester United : 880 millions. L'argent de pétrodollars dilapidé à coups de chèques, voilà une spécialité que les fortunes d'Arabie saoudite maîtrisent aussi bien que les dirigeants de Manchester.
Tottenham complète ce tableau peu reluisant avec 188 millions de pertes, pour un volume de transferts pourtant colossal de 1,632 milliard d'euros. Les Spurs n'ont dégagé que 46 millions de bénéfices sur leurs recrues revendues, contre 234 millions de dépréciation estimée sur celles encore sous contrat. Al Nassr (moins 229 millions), West Ham (moins 82 millions) et Leicester (moins 88 millions) ferment la marche. Quatre clubs saoudiens occupent les cinq dernières places du classement mondial.
Ce gaspillage rappelle une évidence que nos grands-parents connaissaient déjà : l'argent ne fait pas le bonheur, et encore moins la victoire. Ces clubs anglais qui dépensent sans compter ressemblent à ces ménages qui s'endettent pour paraître, quand le bon gestionnaire compte ses deniers et fait fructifier son patrimoine.
Francfort et le Real, l'école de la gestion vertueuse
À l'opposé, l'Eintracht Francfort mène le bal avec 527 millions d'euros de valorisation. Le club allemand a construit ce résultat sur 293 millions de bénéfices à la revente et 234 millions de valeur estimée des recrues conservées. Acheter jeune, développer, revendre au bon moment : une méthode que les clubs français devraient méditer.
Le Real Madrid suit à un million d'euros près, avec 526 millions. Mais la stratégie madrilène diffère : les Merengue n'ont réalisé que 27 millions de plus-values, contre 499 millions de gains potentiels sur des joueurs toujours en effectif. Deux écoles, un même résultat.
La valorisation madrilène repose notamment sur Kylian Mbappé, arrivé libre et désormais estimé à plus de 150 millions d'euros, et sur Arda Güler, acheté 30 millions et évalué 120 millions. L'enfant de Bondy fait ainsi les beaux jours du football espagnol, lui qui a formé ses gammes à Monaco. Le PSG complète le podium, devant Benfica et Manchester City.
Et les clubs français dans tout cela ?
Côté tricolore, le tableau est contrasté. Nice affiche un bilan négatif de 60 millions d'euros, Rennes de 21 millions. Seul Lorient tire son épingle du jeu avec 6 millions de valorisation. Le PSG, lui, figure au podium mondial, preuve qu'une gestion rigoureuse peut concilier ambition sportive et santé économique.
Reste une nuance que le CIES tient à rappeler : ces chiffres incluent des gains potentiels et ne préjugent pas de la réussite sportive. Un recrutement peut coûter cher et rapporter des titres, comme il peut paraître rentable et laisser les armoires vides de trophées. Le football n'échappe pas à la règle d'or de toute gestion : les comptes se font à la fin de l'exercice, pas au moment des annonces tonitruantes.
Pourquoi Manchester United perd-il autant d'argent sur ses transferts ?
Manchester United affiche une dépréciation de 405 millions d'euros depuis 2022 selon le CIES : le club revend ses joueurs moins cher qu'il ne les a achetés, avec 186 millions de pertes réalisées, et son effectif actuel a perdu de la valeur. Le volume de transferts, 1,319 milliard d'euros, n'a pas suffi à masquer cette mauvaise gestion.
Quel club valorise le mieux ses recrues ?
L'Eintracht Francfort domine le classement du CIES avec 527 millions d'euros de valorisation, devant le Real Madrid (526 millions) et le Paris Saint-Germain. Francfort doit son résultat à 293 millions de bénéfices sur les reventes, quand le Real mise sur la plus-value potentielle de joueurs comme Mbappé et Güler.
Les clubs français sont-ils rentables sur le mercato ?
Le PSG figure au podium mondial du classement du CIES, mais Nice (moins 60 millions) et Rennes (moins 21 millions) affichent un bilan négatif. Lorient est le seul club français cité en terrain positif, avec 6 millions d'euros de valorisation.



