Le président de la Liga, Javier Tebas, a réaffirmé, mardi 21 octobre 2026 dans les colonnes de L'Équipe, sa comparaison entre la communication du Real Madrid et les techniques de propagande du régime nazi, malgré la demande de démission formulée par le club madrilène.
Interrogé à Monaco en marge du Sportel, le dirigeant espagnol assume sans sourciller une sortie qui embrase le football ibérique depuis presque une semaine. « Je n'ai traité personne de nazi, bien entendu. Je parlais d'une stratégie de communication. Je ne vois pas pourquoi on me demande des comptes là-dessus », a-t-il plaidé, selon des propos rapportés par RMC SPORT.
Une polémique relancée par une série de tensions
Le conflit n'est pas né de la dernière pluie. Il s'est ravivé vendredi, après une semaine chargée: expulsion de Vinicius contre Villarreal, sanctionnée d'une suspension de quatre matchs, et calendrier jugé indécent pour le déplacement à Valence le 7 novembre, moins de 72 heures après le voyage des Merengues à Athènes en Ligue des champions.
Tebas avait alors dégainé le premier sur ses réseaux sociaux. « La direction du Real Madrid orchestre une véritable machine de communication, et Real Madrid TV mène la danse. Leur discours est immuable: sélectionner les actions qui les intéressent, répéter le grief, alimenter le soupçon et désigner les ennemis », avait-il écrit.
Avant d'asséner la phrase qui a tout enflammé: « Cette méthode rappelle les mécanismes de propagande exploités par Goebbels, ministre de la Propagande de l'Allemagne nazie: répétition systématique, construction d'un ennemi et subordination des faits au récit. »
Le Real Madrid exige la démission
Le club de la capitale n'a pas laissé passer. Il a jugé « absolument intolérable et extrêmement grave » qu'une personne cumulant deux responsabilités, Tebas est aussi vice-président de la Fédération espagnole, ose une telle comparaison pour discréditer l'institution, sa direction et sa chaîne de télévision.
« Le fait qu'il précise ne pas faire référence à l'idéologie nazie n'atténue en rien la nature profondément offensante, moralement répugnante et indigne de l'institution de ses propos », a ajouté le Real Madrid, qui a réclamé la « démission immédiate » du président de la Liga.
Tebas, lui, s'en tient à une distinction de juriste: la comparaison ne viserait que la forme, jamais l'idéologie ni les supporters. « La question de savoir si cette communication est appropriée ou non, voilà ce qui peut être débattu. C'est tout. Pour ma part, je l'emploie uniquement pour décrire la forme de communication », a-t-il insisté auprès de L'Équipe.
Une guerre qui déborde sur les tribunes
La bataille a gagné les stades. Samedi, en marge de la victoire contre Séville (4-1), les supporters madrilènes ont déployé une banderole: « Ce n'est pas du football, ce sont Tebas et Negreira », en référence au scandale des arbitres qui empoisonne déjà le Barça. Le Bernabéu a réclamé à voix haute le départ du président, dénonçant une « corruption » supposée en faveur du FC Barcelone.
Le principal intéressé a répondu, une fois de plus, pointant « une irresponsabilité flagrante » du Real Madrid: « La similitude avec le récit que j'ai dénoncé est évidente. Et il y a un aspect particulièrement grave: prendre des personnes spécifiques pour cible. »
Tebas craint-il une sanction du CSD?
Le Conseil national espagnol des sports pourrait saisir l'affaire. « Je ne sais pas... Cela me semblerait inouï », a estimé Tebas, avant de plaider, avec son aplomb habituel, l'égalité de traitement.
« Il y aurait donc des citoyens de première et de seconde zone? C'est-à-dire que des directeurs de journaux pourraient se permettre de telles comparaisons, mais que le président de la Ligue, lui, ne le pourrait pas? Ce serait inouï, mais bon... », a-t-il lâché.
L'homme n'a jamais craint la castagne, et l'on connaît la chanson: une instance dirigeante qui s'en prend au plus grand club du pays, un géant qui crie à l'outrage, et un dirigeant qui transforme chaque procès en tribune. Reste à savoir si le CSD, garant de l'ordre sportif, jugera que la provocation a dépassé les bornes. Une chose est sûre: entre la Liga et le Real, l'armistice n'est pas pour demain.
Questions fréquentes
Javier Tebas a-t-il comparé le Real Madrid au nazisme?
Non, selon lui. Il affirme avoir visé uniquement les techniques de communication du club, qu'il rapproche des méthodes de propagande de Goebbels, sans viser l'idéologie nazie ni les supporters.
Le Real Madrid a-t-il demandé sa démission?
Oui. Le club a réclamé la « démission immédiate » de Javier Tebas, jugeant ses propos « moralement répugnants » et indignes de son institution.
Javier Tebas risque-t-il une sanction?
Le Conseil national espagnol des sports pourrait examiner l'affaire. Tebas estime qu'une sanction serait « inouïe », invoquant l'égalité des citoyens face à la liberté d'expression.
