Le Rwanda est pressenti pour accueillir le premier centre destiné aux migrants expulsés d'Europe, possiblement dès le début de l'année 2027, selon des sources concordantes citées par Le Telegramme. Cinq pays de l'Union européenne, l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Grèce et les Pays-Bas, s'apprêtent à conclure un accord avec Kigali d'ici à la fin de l'année.
Le principe est simple, et c'est précisément ce qui dérange les belles âmes : les déboutés du droit d'asile seraient transférés dans un « hub de retour » installé en Afrique de l'Est, hors du territoire européen. L'objectif est double, selon Le Figaro : accroître significativement le nombre d'expulsions et dissuader les candidats à l'installation illégale sur le continent.
Un projet piloté par cinq États déterminés
Ces « hubs de retour » ont été imaginés il y a un an et demi, en lien avec la Commission européenne. Depuis, les cinq pays concernés travaillent d'arrache-pied pour ouvrir un premier centre aussi vite que possible, rapporte Le Telegramme.
Le calendrier est désormais précis. Une délégation des cinq États s'est rendue à Kigali début septembre pour une mission d'évaluation, a confié une source diplomatique à l'AFP. En sens inverse, une délégation rwandaise a voyagé en Europe il y a quelques jours, avec une étape à Bruxelles pour des réunions.
Le Rwanda, déjà contacté par le Royaume-Uni en 2022 pour un projet similaire, apparaît désormais comme le candidat le plus probable. Les États-Unis de Donald Trump, eux aussi, ont intensifié leurs expulsions vers des pays tiers comme l'Ouganda, le Salvador et le Rwanda.
Comment fonctionnera ce « hub de retour » ?
Pour couper court aux critiques, les cinq pays entendent d'abord lancer le dispositif à très petite échelle, selon une autre source diplomatique citée par l'AFP. Il s'agira d'un projet pilote : une vingtaine de déboutés du droit d'asile par pays concerné, probablement des hommes majeurs appréhendés à la frontière.
Tous les scénarios sont anticipés avant l'annonce formelle : le transport des personnes, la prise en charge en cas de maladie, les conditions de séjour. L'établissement ne sera pas un centre de détention fermé, assure une source proche des négociations. Le Rwanda souhaite parler de « centres d'accueil » et pourrait y proposer des formations professionnelles.
La France de Macron, encore dans l'immobilisme
Tandis que nos voisins agissent, la France reste clouée dans les débats de salon. Emmanuel Macron a vivement critiqué le concept en juin, en marge d'un sommet, jugeant que ces centres n'étaient « ni efficaces » ni conformes aux valeurs de l'UE, rappelle La Provence.
On croit rêver. Voilà des années que les Français réclament des expulsions effectives, que les chiffres de l'éloignement restent dérisoires, et voilà que l'Élysée recule devant la seule politique qui a fait ses preuves : la dissuasion. Les cinq États qui portent ce projet ont compris une chose que Paris refuse toujours d'admettre. Tant que l'Europe restera un eldorado accessible, les flux ne cesseront pas.
La gauche et les ONG, fidèles à elles-mêmes, s'alarment déjà du traitement réservé aux migrants dans ces établissements. L'eurodéputée écologiste néerlandaise Anna Strolenberg, de retour d'une mission au Rwanda, y voit « une grave erreur ».
« Je ne vois pas en quoi il est accueillant d'envoyer des centaines de personnes en dehors de l'Union européenne, simplement parce que nous ne voulons pas qu'elles restent dans l'UE. »
La citation en dit long sur l'état d'esprit des adversaires du projet. Aucune proposition alternative, aucune solution pour nos communes saturées, nos services publics sous tension. Seulement la morale à géométrie variable de ceux qui ne vivent jamais les conséquences de leurs convictions.
La dissuasion, une méthode qui a déjà fait ses preuves
Les cinq pays européens misent sur un mécanisme que la Grande-Bretagne a théorisé dès 2022 : rendre le voyage inutile. Quand le migrant sait que le passage en Europe débouchera sur un retour vers l'Afrique, l'incitation même du départ s'effondre.
C'est la logique qui a présidé aux accords entre l'Union européenne et la Tunisie, puis à la fermeture de la route des Balkans. Les résultats furent là. Les flux chutent quand les règles existent et qu'on les applique. Ils explosent quand on brandit des valeurs sans jamais fermer la porte.
Reste à savoir si l'accord sera signé avant la fin de l'année, comme l'espèrent les cinq États. L'ouverture du centre est prévue en 2027. La France, elle, pourra toujours commenter depuis la touche.
Questions fréquentes
Quel pays accueillera le premier centre de migrants expulsés d'Europe ?
Le Rwanda est pressenti comme candidat le plus probable, selon des sources concordantes citées par l'AFP et relayées par Boursorama. Un accord est attendu d'ici à la fin de l'année 2026.
Quels sont les cinq pays européens qui portent ce projet ?
L'Allemagne, l'Autriche, le Danemark, la Grèce et les Pays-Bas défendent cette ligne migratoire ferme et visent l'ouverture d'un centre en 2027.
Les migrants seront-ils détenus dans le centre rwandais ?
Non, selon une source proche des négociations. L'établissement ne sera pas un centre de détention fermé ; le Rwanda parle de « centres d'accueil » avec des formations professionnelles possibles.
Quelle est la position de la France sur ces hubs de retour ?
Emmanuel Macron a jugé en juin que ces centres n'étaient « ni efficaces » ni conformes aux valeurs de l'UE. La France reste donc en retrait du projet porté par les cinq États.
