Immigration en Europe : ce que les chiffres disent vraiment
Depuis 2012, l'Europe enregistre plus de décès que de naissances. Son maintien démographique dépend désormais du solde migratoire. Mais que sait-on vraiment de l'immigration sur le continent ? Décryptage des idées reçues à la lumière des données officielles.
L'immigration illégale ne fait que croître : FAUX
Contrairement à une idée répandue, les franchissements irréguliers des frontières de l'Union européenne sont en baisse. Selon les données de Frontex, ils ont diminué de 26 % en 2025 pour atteindre 178 000 franchissements détectés sur les frontières extérieures de l'UE. Cette tendance est orientée à la baisse depuis 2023, année durant laquelle 380 000 franchissements irréguliers avaient été détectés, un record depuis 2016. À noter qu'un franchissement ne correspond pas à un individu, une même personne pouvant être comptabilisée plusieurs fois.
L'an dernier, la plupart des points d'entrée de l'immigration clandestine étaient en baisse. La route de Méditerranée centrale, vers l'Italie, reste la principale zone d'entrée avec 66 318 franchissements irréguliers, soit un tiers de l'ensemble, mais elle a diminué de 1 %. En revanche, la route de Méditerranée occidentale a connu une forte hausse de 14 %, avec 19 403 franchissements irréguliers, un chiffre qui devrait encore croître avec la crise enregistrée cet été à Ceuta.
L'asile est accordé automatiquement : FAUX
Les demandes d'asile ne débouchent pas systématiquement sur une protection. En 2025, 1 002 535 demandes ont été déposées dans les pays de l'UE, en première instance ou en appel, selon la Commission européenne. Au final, 361 330 personnes ont obtenu le statut de réfugié, la protection subsidiaire, une autre forme de protection ou la protection humanitaire. Un chiffre en baisse de 17 % par rapport à 2024. Autrement dit, deux tiers des demandes ont été rejetées.
Les principaux bénéficiaires du droit d'asile en première instance étaient des Afghans (29 %), des Vénézuéliens (18 %) et des Ukrainiens (5,2 %). 62,3 % des Afghans ont obtenu une protection, principalement en Allemagne, tandis que 97,1 % des Vénézuéliens l'ont obtenue en Espagne. Pour les Ukrainiens, la majorité (77,9 %) l'a obtenue en France.
Bruxelles décide de tout en matière migratoire : FAUX
C'est une des grandes ambiguïtés de la question migratoire. 64 % des habitants des Hauts-de-France, de Normandie et du Grand Est estiment que l'Europe laisse trop peu de marges de manœuvre aux États. En réalité, il s'agit d'une compétence partagée.
Pour l'immigration de travail, ce sont toujours les États qui fixent les volumes d'étrangers admis sur leur territoire et les conditions d'accès à leur nationalité. En revanche, l'Europe fixe des règles communes : les accords de Schengen garantissent la libre circulation des personnes, même si les États peuvent rétablir des contrôles à leurs frontières nationales. Les États membres ont aussi harmonisé leurs politiques de visas, de séjour, d'asile et de contrôle des frontières extérieures avec Frontex, dont la responsabilité première incombe toutefois aux douanes du pays concerné.
L'immigration maintient le niveau de population : VRAI
Depuis 2012, l'Europe connaît un solde naturel négatif. Au 1er janvier 2026, les 27 pays de l'UE ont enregistré 4,81 millions de décès pour 3,46 millions de naissances, soit un déficit de 1,35 million. Le taux de fécondité est de 1,34 enfant par femme en 2024, bien en deçà du seuil de renouvellement des générations fixé à 2,1.
Pourtant, la population européenne a augmenté de 700 000 habitants l'an dernier. Cela s'explique par le solde migratoire positif : il arrive davantage de personnes qu'il n'en part. En 2024, 4,2 millions de non-Européens sont arrivés, un chiffre qui n'inclut pas les demandeurs d'asile ni les réfugiés ukrainiens. Ces migrants légaux, économiques pour la plupart, contribuent à rajeunir une pyramide des âges vieillissante.
La vérité des chiffres contredit les discours alarmistes comme les illusions d'une Europe forteresse. La France doit reprendre la main sur sa politique migratoire, dans le respect de ses engagements européens, pour défendre son identité et sa cohésion nationale.
Questions fréquentes sur l'immigration en Europe
Quel est le nombre de demandes d'asile en Europe en 2025 ?
1 002 535 demandes d'asile ont été déposées dans les pays de l'UE en 2025, dont 361 330 ont abouti à une protection.
L'immigration illégale augmente-t-elle en Europe ?
Non, les franchissements irréguliers ont diminué de 26 % en 2025, après un pic en 2023.
Qui décide de la politique migratoire en Europe ?
Les États membres gardent la main sur l'immigration de travail et la nationalité, tandis que l'UE harmonise les visas, l'asile et les frontières extérieures.
L'immigration compense-t-elle le déclin démographique européen ?
Oui, le solde migratoire positif compense le déficit naturel de naissances depuis 2012.
