Novembre sonne le glas des beaux jours, mais pas celui du potager. Selon Le Parisien, les choux, semés au printemps et repiqués en été, continuent de mûrir et de nourrir les familles françaises pendant une bonne partie de l'hiver, à condition de leur consacrer quelques gestes précis. Le chou, ce légume de nos campagnes, de nos marchés et de nos tables dominicales, ne demande ni caprice ni technologie : il demande du soin, de la méthode et un peu de bon sens paysan.
Chou pommé, chou rouge, chou de Milan, chou de Bruxelles, kale ou brocoli : à l'approche de l'hiver, les pommes se forment, les tiges s'alourdissent et les feuilles du kale continuent de pousser. Mais le vent, la pluie, le froid et les pigeons affamés menacent ces plants. Voici ce qu'il faut faire maintenant pour récolter dans quelques semaines.
Butter les choux pour qu'ils ne se couchent pas
Les pluies d'automne ramollissent la terre et les plants s'alourdissent. Le résultat est sans appel : le pied penche, la pomme touche le sol humide et pourrit. Le remède est celui qu'employaient déjà nos grands-mères : butter. Ramenez un peu de terre à la base du plant, montez de quelques centimètres, tassez légèrement. Pour les choux de Bruxelles les plus hauts, un tuteur complète l'affaire.
Les pigeons, ce fléau des potagers d'automne
On surveille les limaces au printemps, mais en novembre le danger vient du ciel. Les oiseaux trouvent moins à manger et les pigeons s'attaquent sans complexe aux feuilles de tous les choux. La parade la plus efficace reste le filet : tendu sur des arceaux ou des piquets, sans toucher la végétation, et descendu jusqu'au ras du sol pour empêcher les volatiles de passer dessous.
Retirer les feuilles jaunes, garder les feuilles vertes
Les grandes feuilles du bas des choux verts et rouges finissent souvent par jaunir ou toucher la terre. Retirez-les seulement lorsqu'elles sont franchement jaunes, malades ou en train de pourrir. Les feuilles encore vertes, même partiellement, continuent de nourrir le plant et l'aident à mûrir et à résister à l'hiver. Ce tri évite l'accumulation de végétation humide au pied des choux et limite la pourriture.
Un conseil que partage le Journal de la Météo de l'Ain, qui recommande de retirer les feuilles très abîmées ou pourries sans pour autant dépouiller les plantes de leur feuillage protecteur. La mesure, encore une fois, plutôt que la précipitation.
Surveiller l'eau stagnante au pied des plants
Arroser en novembre est rarement nécessaire, sauf période de sécheresse prolongée. Le vrai problème, c'est l'excès inverse : sur une terre argileuse ou peu drainante, l'eau stagne et les brocolis et choux-fleurs, qui aiment la fraîcheur mais détestent les pieds dans l'eau, en souffrent. Un paillage protège le sol du froid et limite les éclaboussures, mais attention à ne pas le coller contre les tiges, où il maintiendrait l'humidité.
Récolter au fur et à mesure, sans précipitation
Certaines récoltes commencent dès novembre. Le kale se cueille feuille après feuille, les petites pommes de choux de Bruxelles se récoltent bien fermes en commençant par le bas de la tige. Les choux pommés, rouges ou de Milan attendent que la pomme soit formée, compacte et dure au toucher. Les brocolis et choux-fleurs d'automne se coupent lorsque leurs inflorescences sont développées mais encore compactes.
Un tour d'inspection régulier s'impose : on prélève au bon moment et selon ses besoins, sans gaspillage. Comme le rappelle Courriermessin avec les conseils de Marie Chioca, un chou dont les feuilles extérieures ont souffert du froid n'est pas perdu pour autant : quelques parties abîmées retirées, il retrouve toute sa place dans la cuisine familiale. Voilà une leçon de sobriété que nos générations dressées dans l'abondance feraient bien de méditer.
Une tradition potagère qui traverse les saisons
Le chou est rustique, patient, fidèle. Il résiste au froid et aux gelées, nourrit sans exigence et se contente d'un sol bien traité. Virgule rappelle d'ailleurs que les variétés rustiques telles que le chou frisé, le chou de Bruxelles, le poireau ou la mâche supportent les basses températures et se récoltent longtemps encore. Le potager de novembre n'est pas un potager endormi : c'est un potager qui travaille en silence, prépare le printemps et nourrit l'hiver.
Alors, avant les premières gelées sérieuses, faites le tour de vos plants : buttez, filetez, nettoyez, surveillez. La récolte récompensera l'ordre et la constance, comme toujours au jardin.
Questions fréquentes sur l'entretien du chou en novembre
Faut-il arroser les choux en novembre ?
En règle générale, non : les pluies suffisent. Arrosez seulement en cas de longue période sèche, et veillez surtout à ce que l'eau ne stagne pas au pied des plants, notamment sur les sols argileux.
Quand retirer les feuilles jaunes du chou ?
Uniquement lorsqu'elles sont franchement jaunes, malades ou en train de pourrir. Les feuilles encore vertes nourrissent le plant et l'aident à poursuivre sa maturation.
Comment protéger les choux des pigeons ?
Installez un filet au-dessus des plants, bien tendu sur des arceaux ou piquets, sans qu'il repose sur la végétation, et descendez-le jusqu'au ras du sol.
