L'Assemblée nationale a rejeté vendredi les propositions de la gauche visant à rétablir l'ISF et à instaurer une taxe Zucman sur les très grandes fortunes, rapporte MoneyVox. Le débat, lui, est loin d'être clos. Et selon l'essayiste Rainer Zitelmann, dont la tribune est reprise par Orange Actualités, la pire conséquence d'un impôt sur les riches n'est même pas leur départ.
Chaque rentrée, la gauche brandit la même antienne : taxer les « ultrariches » pour remplir les caisses de l'État. L'argument paraît simple. Il est surtout faux, et l'exemple suédois le démontre avec une clarté rare.
Ce que les Suédois ont appris à leurs dépens
Dans sa tribune, Rainer Zitelmann rappelle ce que fut la Suède des années 1970 et 1980 : des impôts exorbitants, certes, mais surtout une atmosphère où l'entrepreneur était traité en ennemi public. Hans Magnus Enzensberger, écrivain allemand, décrivait alors un pays où les riches se sentaient « superflus, méprisés et exclus ». Le mal suédois n'était pas comptable. Il était moral.
Car les entrepreneurs ne sont pas des homo economicus qu'on déplace d'un pays à l'autre au gré des taux d'imposition. La plupart restent, même quand le fisc s'acharne. Ils aiment leur pays, leurs amis y vivent, apprendre une langue à soixante ans n'a rien d'évident. Certains espèrent simplement que la folie passera.
La Suède a renversé la table
Le réveil suédois est un modèle pour qui veut comprendre. Les droits de succession, les droits de donation et l'impôt sur la fortune ont été abolis depuis longtemps. L'envie sociale y est aujourd'hui moins répandue qu'en France et en Allemagne, selon Zitelmann.
Les résultats sont là. Spotify, Klarna, King, iZettle : la Suède a produit 46 licornes, ces start-up valorisées au moins un milliard de dollars, et occupe la première place européenne en licornes par habitant. Selon l'OCDE, 1 114 entreprises sont entrées en Bourse en Suède entre 2014 et 2025. En 2025, Stockholm était même la première place boursière d'Europe pour les nouvelles cotations.
Une telle situation aurait été inimaginable il y a quarante ans. C'est que la Suède a compris une chose essentielle : un pays où l'on traite les créateurs de richesse en boucs émissaires devient un pays qui n'en produit plus.
Pourquoi la mentalité de somme nuelle ruine un pays
Le vrai poison, explique Zitelmann, précède l'impôt. Il réside dans des années de campagnes médiatiques et politiques qui persuadent la population que les riches ne se sont enrichis qu'au détriment des pauvres. Cette mentalité de somme nulle change tout : l'accent n'est plus mis sur la création de richesse, mais uniquement sur sa redistribution.
Les économistes qui analysent les hausses d'impôts se concentrent sur les chiffres : combien d'exilés, quelle charge fiscale. Ils accordent trop peu d'attention aux effets psychologiques. Or c'est bien l'attitude d'une société envers ses entrepreneurs qui détermine son dynamisme.
La France connaît bien cette maladie. Quand le mot « riche » devient une insulte, quand la réussite est suspecte par principe, la jeunesse se détourne de l'entreprise. Le patron de la PME qui embauche, le commerçant qui se lève à l'aube, l'artisan qui investit : voilà les vrais pourvoyeurs de prospérité. Les punir, c'est saboter la croissance et, à terme, les recettes publiques elles-mêmes.
Les leçons du vote de l'Assemblée
Le rejet de la taxe Zucman et du retour de l'ISF est une bonne nouvelle, et il faut le dire nettement. Selon
