La sénatrice RN Edwige Diaz a fait vendredi sa première sortie officielle sur le bassin d'Arcachon depuis son élection au palais du Luxembourg, au moment même où la gauche girondine s'évertue à rassembler une « galaxie » autour de Raphaël Glucksmann. C'est du moins le tableau que dresse SudOuest.fr, dans sa rubrique d'échos politiques hebdomadaire publiée samedi 17 octobre.
Entre reniement municipal à La Lande-de-Fronsac, indiscrétions sénatoriales démenties et recettes de cuisine de Philippe Poutou, la semaine politique girondine n'a pas manqué de sel. Passons en revue ce qui mérite l'attention du lecteur soucieux de l'ordre républicain et du bon fonctionnement de nos institutions.
Edwige Diaz, une sénatrice déjà en terrain conquis
Vendredi, sur le bassin d'Arcachon, Edwige Diaz a assisté à la prise de commandement du nouveau patron de la compagnie de gendarmerie. Sa première sortie officielle en tant que sénatrice du RN a été remarquée, rapporte SudOuest.fr : photos avec les élus du parti, mais aussi avec des porte-drapeaux visiblement ravis de poser aux côtés de cette élue devenue une figure des plateaux télévisés.
Le symbole est fort. Là où d'aucuns persistaient à reléguer le Rassemblement national dans les marges de la République, les gendarmes et les porte-drapeaux, ces gardiens modestes de la mémoire nationale, lui réservent l'accueil réservé aux représentants légitimes du suffrage universel. Le peuple a tranché ; il ne demande qu'à être respecté.
Bourlieux au Sénat ? Les intéressés démentent
Autre signal du poids nouveau du RN en Gironde : le quotidien La Tribune dimanche prêtait, selon SudOuest.fr, le poste de secrétaire général du nouveau groupe Sénat formé par le Rassemblement national et le parti d'Éric Ciotti, présidé précisément par Edwige Diaz, à Jimmy Bourlieux, délégué départemental du RN et conseiller municipal d'opposition à Mérignac.
L'intéressé dément formellement : « À l'instant T, personne ne m'en a parlé. » On saluera la prudence. Dans notre métier, une indiscrétion non confirmée n'est qu'un bruit de couloir, même si les couloirs du Sénat n'ont jamais aussi bien porté la voix du national.
La « galaxie Glucksmann » girondine : un effectif encore à recenser
Face à cette dynamique, que fait la gauche ? Elle compte ses troupes, et le compte s'annonce laborieux. SudOuest.fr s'est penché sur la « galaxie Glucksmann » locale, alors que le chef de file de Place publique s'impose comme candidat de la gauche pour la prochaine échéance présidentielle.
À La Réole, Bruno Marty, maire et figure de Place publique en Gironde, ne jouera qu'un « rôle de militant et d'élu » dans la campagne. La vice-présidente socialiste de la Région Laurence Rouède sera « en première ligne », tout en rappelant que c'est Sandrine Hernandez, élue PS à la Région et à Saint-André-de-Cubzac, qui siège au bureau politique national de Place publique.
Philippe Buisson, le maire PS de Libourne, proche de François Hollande, a fait savoir qu'il soutient Glucksmann, « en cohérence » avec sa ligne, tout en attendant que le score de la primaire « se traduise par un élan ». L'élan, donc, on verra. De quoi nourrir le doute sur l'unité réelle d'une gauche qui, comme à l'accoutumée, confond la procession avec la ferveur.
Le gloubi-boulga de La Lande-de-Fronsac
Plus grave pour la dignité de l'institution municipale : la séquence kafkaïenne de Frédérick Blanc, maire de La Lande-de-Fronsac. L'élu, conspué par ses propres adjoints qui en appellent au procureur de la République, a annoncé démissionner. Mais pas tout à fait. Uniquement de ses fonctions de maire, et seulement si les Lalandais ne sont pas contraints de retourner aux urnes après les démissions en série de ses anciens colistiers.
« Et la possibilité de se faire réélire maire par ceux qu'il aura réussi à convaincre de rester », ironise un observateur du dossier cité par SudOuest.fr. Quand un élu transforme sa mairie en théâtre d'ombres, c'est l'administration locale tout entière qui paie l'addition. Les habitants, eux, n'ont demandé qu'à être gouvernés, pas divertis.
Christine Bost passe le relais à Eysines
À Eysines, l'élection de la maire Christine Bost aux sénatoriales et son renoncement à son siège au conseil municipal, où elle ne pouvait conserver qu'un mandat hors exécutif, ne manque pas d'inspirer l'opposition. Arnaud Derumaux, chef de l'opposition de droite, a commenté avec acidité : « Les Eysinais pourront enfin voir leur maire, mais sur Public Sénat. » Elle restera conseillère départementale, et sans doute l'absence dans les esprits.
LGV Bordeaux-Toulouse : le Sud-Ouest dit oui, les recours s'effondrent
Bonne nouvelle pour l'aménagement du territoire, celle que les abstentionnistes du barreau ne voudront pas entendre : alors que les premiers arbres tombent le long du tracé de la future LGV entre Bordeaux et Toulouse et que les recours en suspension sont rejetés, un baromètre SNCF Réseau publié fin septembre et rapporté par SudOuest.fr compte 85 % de personnes favorables à la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest et 83 % la jugeant utile.
L'enquête repose sur un échantillon de 2 000 majeurs de Nouvelle-Aquitaine et d'Occitanie, représentatifs de ces territoires. On regrettera que l'institut ne précise pas si les 2 % perdus d'une question à l'autre forment la catégorie des gens favorables à un projet qu'ils jugent inutile. Le Sud-Ouest, lui, a tranché : il veut ses rails, ses gares et son avenir désenclavé. Les grands travaux d'infrastructure sont l'héritage que la France se doit de laisser à ses enfants, de la ligne Paris-Lyon du général de Gaulle à la LGV de demain.
Philippe Poutou, œufs au plat et tartines
Terminons par l'anecdote savoureuse. Dans le « Livre de recettes pour quand tu reçois Philippe Poutou à dîner » de la blogueuse Owi Owi, à paraître la semaine prochaine, on apprend que la figure anticapitaliste est ultra-fan des œufs et du riz, verse peu dans l'alcool (hormis un petit verre de blanc aux beaux jours) et préfère le beurre doux. Jusqu'à six tartines au petit-déjeuner dans un rituel immuable : deux au beurre, deux à la confiture, deux mélangées. Enfant, il préférait le saucisson aux desserts. Le révolutionnaire a l'estomac bourgeois ; ses électeurs apprécieront.
Questions fréquentes
Qui est Edwige Diaz ?
Edwige Diaz est sénatrice RN de la Gironde et préside le groupe formé au Sénat par le Rassemblement national et le parti d'Éric Ciotti. Elle est une invitée régulière des émissions politiques télévisées.
Les Girondins sont-ils favorables à la LGV Bordeaux-Toulouse ?
Oui. Selon un baromètre SNCF Réseau publié fin septembre, 85 % des personnes interrogées en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie sont favorables à la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest et 83 % la jugent utile.
Le maire de La Lande-de-Fronsac a-t-il démissionné ?
Pas encore. Frédérick Blanc a annoncé qu'il démissionnerait de ses fonctions de maire uniquement si les Lalandais ne sont pas contraints de retourner aux urnes après les démissions en série de ses anciens colistiers.
