Le jeune Espagnol Rafael Jodar a présenté, vendredi 16 octobre à Shanghai, des excuses publiques et sans détour au ramasseur de balles qu'il avait brutalement interpellé deux jours plus tôt lors du Masters 1000. « C'était de ma faute », a reconnu le joueur, quelques minutes après sa victoire en quarts de finale contre Casper Ruud.
L'incident remonte à mercredi. Au cœur d'un match disputé contre Botic Van de Zandschulp, Jodar avait lancé à un ramasseur de balles, d'un ton agressif, une grossièreté en exigeant une serviette. L'arbitre équatorien Jimmy Pinoagorte lui avait infligé un avertissement pour conduite antisportive, immédiatement contesté par le joueur. Selon Eurosport, la vidéo avait fait le tour des réseaux sociaux et nourri une vraie polémique.
« Je veillerai à ce que cela ne se reproduise plus »
Vendredi, Jodar a choisi de faire amende honorable. Le ton a été celui d'un mea culpa complet, sans excuse de circonstance.
« Je tiens à expliquer ce qui s'est passé. C'était de ma faute. Après le match, j'y ai réfléchi, et je n'aurais pas dû agir ainsi envers le ramasseur de balles. C'était une erreur de ma part », a-t-il déclaré, selon Eurosport.
Le joueur a replacé le geste dans son contexte, celui d'un point âprement disputé et d'une frustration accumulée contre lui-même. « Je n'avais absolument pas l'intention de blesser le ramasseur de balles. Ma frustration était dirigée contre moi-même. À ce moment précis du match, je n'ai pas réussi à contrôler mes émotions », a-t-il poursuivi.
Mieux, il a reconnu que l'avertissement de l'arbitre, qu'il avait vivement contesté sur le moment, était fondé. « L'arbitre a pris la bonne décision. Je veillerai à ce que cela ne se reproduise plus, car ce n'est pas une façon appropriée de se comporter avec les ramasseurs de balles. Je respecte énormément leur travail », a-t-il assuré.
Une leçon de savoir-vivre sur le court
Il y a dans cette affaire quelque chose de rassurant, à l'heure où le sport de haut niveau confond trop souvent l'arrogance avec le talent. Jodar, que les observateurs voient déjà frôler le Top 10 mondial, a compris qu'un champion ne se mesure pas seulement à son coup droit, mais aussi à sa tenue. La politesse sur un court de tennis n'est pas une coquetterie d'un autre âge : c'est la marque du respect dû à ceux, ramasseurs de balles et arbitres, qui permettent que le jeu se joue.
Le joueur l'a dit lui-même avec une formule qui mérite d'être retenue : « Tout comme j'apprends à réaliser un coup droit, un revers ou un service, j'apprends aussi à me comporter sur le court. Je ne suis pas parfait, je suis humain, il m'arrive de commettre des erreurs. »
On a connu, dans d'autres disciplines, des stars incapable du moindre regret après des années d'excès. Le jeune Espagnol, lui, a réglé l'affaire en quarante-huit heures, sans communiqué d'agent ni mise en scène. C'est une leçon de correction que bien des tennismen établis, et pas seulement eux, devraient méditer.
Jodar a également exprimé le souhait de présenter ses excuses en personne au ramasseur de balles concerné. « Si j'ai l'occasion de le croiser ici sur le site, je tiens à lui dire que je regrette sincèrement mon geste et mon comportement à ce moment-là », a-t-il confié.
Sur le court, une saison d'explosion
Car pendant ce temps, Jodar joue et gagne. Selon Eurosport, on murmure déjà dans les couloirs du tournoi qu'à ce rythme, il sera qualifié pour les Masters. Sa victoire contre Casper Ruud en quarts de finale confirme une progression qui en fait l'une des révélations de la saison.
Le paradoxe n'est qu'apparent : c'est souvent dans les épreuves, et dans la manière de les traverser, que se forge un caractère. Le sport professionnel, ce n'est pas seulement de la technique et des millions ; c'est aussi une école de conduite. On peut y apprendre la grandeur, comme certains n'y apprennent que l'insolence. Mercredi, Jodar a fauté. Vendredi, il s'est relevé correctement. Dont acte.
Ce qu'il faut retenir de l'incident de Shanghai
Que s'est-il passé entre Rafael Jodar et le ramasseur de balles ?
Mercredi 14 octobre, lors de son match contre Botic Van de Zandschulp au Masters 1000 de Shanghai, Rafael Jodar a brutalement sommé un ramasseur de balles de lui donner une serviette, avec une grossièreté. L'arbitre Jimmy Pinoagorte lui a donné un avertissement pour conduite antisportive.
Jodar a-t-il présenté des excuses ?
Oui. Vendredi 16 octobre, après sa victoire en quarts de finale contre Casper Ruud, il a reconnu sa faute, validé la décision de l'arbitre et promis que cela ne se reproduirait plus. Il souhaite aussi s'excuser en personne auprès du ramasseur de balles.
Où en est Jodar sportivement ?
L'Espagnol, en pleine explosion cette saison, a battu Casper Ruud en quarts de finale à Shanghai et flirte avec le Top 10 mondial. Selon Eurosport, une qualification pour les Masters est évoquée s'il maintient ce rythme.
