Céline Dion donnera son dernier concert parisien de la saison ce samedi 17 octobre à La Plénitude Arena de Nanterre, au terme de plus d'un mois de résidence et d'un vestiaire qui a mis les maisons françaises à l'honneur.
La chanteuse québécoise de 58 ans a transformé le parvis du Royal Monceau, où résident ses fidèles, en véritable podium. Selon Gala.fr, qui recense ses apparitions, elle rejoindra ensuite les États-Unis pour se reposer et finaliser son prochain album, avant un retour annoncé en mai pour une seconde série de concerts dans la même salle.
Une armure de haute couture après la maladie
Le retour de Céline Dion sur scène revêt une dimension qui dépasse le spectacle. Après des années de combat contre la rarissime maladie de l'homme raide, la diva a fait de la couture un instrument de reconquête. La styliste et consultante Anne Tourneux l'a résumé pour Fashion United : « C'est un sans-faute qui présente une Céline totalement dans l'air du temps. Ni trop, ni trop peu, avec une constante : la structure. »
« Pour moi, c'est une façon d'incarner un renouveau après une longue maladie qui l'a laissée fragilisée. Le vêtement devient ossature et armure. On y sent force, combat et détermination », a poursuivi Tourneux.
La Québécoise l'avait elle-même dit à Vogue en 2019, en marge des défilés de la Fashion Week : « La couture me donne confiance. Elle me fait me sentir élégante, comme si je pouvais mieux performer, mieux vivre. »
Annie Horth, la femme en coulisses
Ce vestiaire franco-italien, c'est l'œuvre d'Annie Horth, sa styliste de longue date. Un temps remplacée par Law Roach puis rappelée avant le grand retour, la conseillère en image s'inspire de l'allure des Parisiennes pour habiller sa cliente. Tour de force : elle a persuadé des dizaines de maisons rivales d'habiller une seule et même star, parfois avec des pièces à peine présentées lors de leurs derniers défilés.
« Planifier la garde-robe de Céline Dion, c'est comme orchestrer une opération à cœur ouvert », confiait celle qui a remporté le CAFA Stylist of the Year en 2016, dans une interview reprise par Grazia.
Le défi est relevé, si l'on en croit les figures de la mode interrogées par Fashion United. « Ça me rappelle cette période en 2016 lorsqu'elle venait aux Fashion Weeks et que c'était le festival de styles, le feu d'artifice du dressing », a noté le commentateur Matthieu Bobard Delière.
De Dior à Chanel : le sacre des ateliers français
La liste des maisons sollicitées donne le vertige : trench-coat beige sculptural issu de l'ultime collection de Pieter Mulier pour Alaïa, ensemble en cuir Tom Ford par Haider Ackermann, robe Loewe, smoking Givenchy par Sarah Burton, veste Bar Dior par Jonathan Anderson, robe déstructurée Bottega Veneta, creations Saint Laurent par Anthony Vaccarello, pièces Phoebe Philo, jupe Prada transparente, ensemble Jacquemus, robe drapée Balenciaga, jupe en croco Ferragamo.
Sur scène, chaque chanson a eu droit à sa pièce couture. Le 12 septembre, pour sa première entrée, la chanteuse s'est présentée derrière un grand rideau noir dans une robe bustier Dior en mousseline et organza plissés, coiffée d'un collier Boucheron The Address de la collection Haute Joaillerie Histoire de Style 2026. Selon Vogue France, ce collier a nécessité 1107 heures de travail.
Le 14 octobre, elle a ouvert son concert dans une robe bustier Chanel imaginée par Matthieu Blazy, brodée à la main de cristaux et de perles, inspirée de la robe portée aux Oscars de 1997. Le collier Comète de l'époque, en forme d'étoile filante, a été recréé par les ateliers de la griffe en platine, or blanc 18 carats et serti de 1080 diamants, rapporte Marie Claire.
Le 7 octobre, pour sa onzième date, elle a dévoilé quatre pièces de haute joaillerie signées Bulgari, note Le Figaro. Une avalanche de diamants qui confirme, si besoin était, que la France demeure la capitale mondiale du luxe et du savoir-faire joaillier.
Un sommet place Joffre face à la Tour Eiffel
Le 28 septembre, sa résidence a atteint un sommet : Céline Dion a pris le micro au défilé L'Oréal Paris place Joffre, face à la Tour Eiffel, pour interpréter son tube « I'm alive », vêtue d'une robe bustier noire, entourée d'Eva Longoria, Jane Fonda et Andie MacDowell.
Paris Match y voit la confirmation d'un statut : « Celine incarne la star hollywoodienne dans toute sa splendeur. »
La France, terre d'excellence qui attire les talents du monde
Qu'une artiste mondiale choisisse Paris et Nanterre pour son grand retour, et y convoque le meilleur de nos ateliers, en dit long sur ce qui subsiste de rayonnement français. Nos maisons de couture, nos joailliers, nos artisans : voilà une excellence que les élites progressistes oublient volontiers quand elles vantent les mérites d'une modernité sans racines. La culture française, elle, continue de faire recette partout dans le monde, de la haute couture au patrimoine, comme en témoigne l'héritage d'Alphonse Bertillon ou les exploits de nos champions.
Il reste que ce triomphe repose sur des mains-d'œuvre et des ateliers que la fiscalité française maltraite. Quand un Étrich étouffe les riches, c'est l'ensemble de la filière qui finit par en pâtir, comme nous l'expliquions à propos de
