Meta title : Brigitte Bardot : les ombres d'un héritage en trompe-l'œil
Meta description : Selon Paris Match, la Fondation Brigitte Bardot a dispersé les biens de l'actrice, expulsé son veuf et laissé les animaux dans le flou. Enquête sur une fin de vie solitaire.
Catégorie : Société
Image à la une : La Madrague, la maison de Brigitte Bardot à Saint-Tropez, fermée et placée sous surveillance depuis la mort de l'actrice. Photo : Paris Match
La mort de Brigitte Bardot, survenuee le 28 décembre 2025 à la Madrague, révèle jour après jour un héritage bien éloigné des dernières volontés affichées de l'icône. Selon une enquête publiée par Paris Match le 28 octobre 2026, sa fondation a vendu ses effets personnels, expulsé son veuf et laissé ses animaux dans un flou que même ses dirigeants peinent à éclaircir.
Bernard d'Ormale, l'époux de l'actrice, doit quitter la Madrague pour intégrer un logement social de 25 mètres carrés mis à disposition par la mairie de Saint-Tropez, près de la place des Lisses. La décision est brutale mais conforme au droit : Brigitte Bardot avait signifié par acte notarié que les occupants de la Madrague devraient partir dans les six mois suivant son décès.
« On applique les volontés de BB ! », se défend Max Guazzini, figure de la Fondation, cité par Paris Match. « Brigitte a signifié par acte notarié que les personnes habitant la Madrague devraient partir dans les six mois suivant son décès. En laissant perdurer cette situation, on risque d'être mis en examen ! »
Un million d'euros pour des bibelots étiquetés à la hâte
Le veuf n'a pas eu son mot à dire. Il ignorait la vente de la 4L de la Garrigue mi-septembre et a assisté, impuissant, à la vente aux enchères organisée le 21 septembre à Drouot. Les effets personnels de l'actrice, chapelets, Moon boots, tête de lit, rideaux, ont rapporté près d'un million d'euros, réparti entre la Fondation et son fils, Nicolas Charrier. Les affaires provenaient « à 90 % » du duplex parisien du 16e arrondissement, dont l'actrice avait légué la nue-propriété à son fils et l'usufruit à son mari.
La précipitation interroge. Guazzini l'assume : « Il fallait vider l'appartement du 16e pour le mettre en vente. Et si la vente a été accélérée, c'est parce que D'Ormale a accepté de vendre à bon prix son usufruit à Nicolas Charrier. » Le veuf touchera 30 % de la vente, « ce qui n'est pas rien », concède-t-il.
Derrière ce besoin d'argent affiché plane une question gênante : la Fondation disposerait de 35 millions d'euros de placements financiers. Sa directrice générale, Ghislaine Calmels-Bock, dément. « Si on avait thésaurisé 35 millions d'euros, je pense que le ministère de l'intérieur, qui siège à notre conseil d'administration, aurait réagi tout de suite, car une Fondation, par définition, n'a pas le droit de thésauriser », déclare-t-elle à Paris Match.
Le contentieux s'installe : Bernard d'Ormale a déposé plainte pour vol contre la direction de la Fondation, affirmant que des biens vendus lui appartenaient, et s'apprête à en déposer trois autres. La Fondation maintient qu'il était au courant et avait participé à l'inventaire.
La Madrague, musée ? Non, répond la Fondation
Brigitte Bardot répétait à ses proches qu'elle voulait faire de la Madrague un musée et de la Garrigue un refuge pour ses animaux. La réalité a tranché autrement. « Brigitte avait récemment modifié son testament. Elle a écrit devant notaire qu'elle dispensait la Fondation d'en faire un musée », révèle Ghislaine Calmels-Bock. « Cette propriété est pour la Fondation une charge, on réfléchit donc à comment la rentabiliser. »
L'endroit, ancien hangar à bateaux des années 50, sera ouvert « par petits groupes et sur rendez-vous, quelques mois dans l'année ». La directrice invoque des travaux de consolidation urgents. Des pigeons morts se cachent pourtant dans les recoins de la maison, et des souris y prolifèrent, celles-là mêmes que l'actrice nourrissait chaque matin d'un bout de gâteau.
Les animaux de BB, grandes victimes de la succession
C'est le chapitre le plus douloureux. Sur les quatre chats présents à la Madrague au décès, il n'en reste que deux. Monsieur Pétard, 19 ans, « l'âme de la Madrague », s'est noyé dans la piscine. Les deux caniches, Filoute et Fiona, ont été confiées à une proche, la première ayant été sauvée in extremis après cinq jours sans nourriture.
À la Garrigue, l'« arche de Noé » conçue par l'actrice, le constat est plus sombre encore. La jument Mistie a été euthanasiée quelques jours après la mort de sa maîtresse. Les quatre chiens sont partis au refuge de Bazoches en mars, suivis de cochons et de moutons. Des quinze chats, il en reste six, faméliques. Qui les nourrit ? « Je ne sais pas, honnêtement, qui leur donne à manger », lâche Max Guazzini.
En avril, un cochon blessé par une balle perdue a agonisé 96 heures au soleil, dévoré par les corbeaux, malgré la recommandation d'un vétérinaire de le mettre à l'abri. Les vigiles présents sur place rappellent qu'ils gardent les propriétés, pas les animaux. Une gestion administrative, comptable, qui jure avec la conception que Bardot se faisait de la protection animale.
Une fin de vie solitaire dans une maison suintante
L'enquête de Paris Match dévoile aussi les derniers mois de l'actrice, diminuée par un cancer du côlon. Dans sa chambre mal isolée de la Madrague, les murs suintent, des racines s'infiltrent dans le plafond, et il fait froid. BB, qui vivait chichement, n'avait même pas de radiateur portable. À la Garrigue, frigos envahis de moisissure, poulailler rempli de fiente : elle-même enrageait, « C'est dégueulasse, on est chez Brigitte Bardot ici ! »
Le 27 décembre 2025, une infirmière venue poser une perfusion à l'actrice, qui ne buvait plus, est rabrouée par Bernard d'Ormale : « Foutez-lui la paix ! » La maire de Saint-Tropez, Sylvie Siri, alerte le procureur de Draguignan, qui envoie deux gendarmes. D'Ormale ne les fait pas entrer. Le lendemain matin, Brigitte Bardot décède.
Reste la question des propriétés. La Garrigue, dix hectares sur les hauts du Capon avec vue sur la Méditerranée, aiguise les appétits des investisseurs. Ghislaine Calmels-Bock l'affirme : « La Garrigue n'est pas à vendre. » Le conseil d'administration tranchera. L'ancien hangar à bateaux et la pinède du Capon, trésors de la République du cinéma français, se retrouveront bientôt derrière des vigiles et des rendez-vous notariés. C'était pourtant simple : il s'agissait de respecter la volonté d'une femme, et de nourrir ses chats.
Questions fréquentes
Qui a hérité des propriétés de Brigitte Bardot ?
Selon Paris Match, la Garrigue et la Madrague appartiennent à la Fondation Brigitte Bardot, tandis que Nicolas Charrier, son fils, a reçu la nue-propriété de l'appartement parisien du 16e arrondissement.
Pourquoi Bernard d'Ormale quitte-t-il la Madrague ?
L'actrice avait exigé par acte notarié que les occupants quittent la maison dans les six mois suivant son décès. Le veuf s'installe dans un logement social de 25 mètres carrés à Saint-Tropez.
Combien a rapporté la vente aux enchères des effets de Bardot ?
La vente du 21 septembre à Drouot a rapporté près d'un million d'euros, partagés entre la Fondation et Nicolas Charrier.
