Kylian Mbappé a perdu, mardi 27 octobre, trois contrats publicitaires en Chine après la diffusion d'une vidéo dans laquelle il plaisante sur un mème le comparant à Mao Zedong. Dongpeng, Mengniu et Milkground ont annoncé une rupture immédiate de leur coopération avec l'attaquant du Real Madrid.
La vidéo, enregistrée le 2 avril 2026 en marge du podcast The Bridge et ressortie ces derniers jours sur les réseaux sociaux, montre le capitaine de l'équipe de France évoquant les montages dont il fait l'objet. Il y décrit comme le plus drôle un collage de son visage sur celui d'un homme qu'il croit être « un dictateur chinois », sans nommer explicitement le dirigeant. Selon Le Huffington Post, le montage visé représente Mao Zedong.
Une « tolérance zéro » affichée par Pékin et les marques
Les trois compagnies ont publié des communiqués aux termes strictement similaires, revendiquant une « tolérance zéro » pour les actes et les paroles « qui heurtent les sentiments nationaux ». Une formule imposée, qui sent la consigne venue d'en haut plutôt que l'indignation sincère d'industriels de la boisson et du lait.
Pékin a enfoncé le clou. « Tout propos ou tout acte qui blesse les sentiments du peuple chinois se heurte naturellement à un rejet commun de la part de l'ensemble de la société chinoise », a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères Guo Jiakun lors d'un point presse régulier. Quand la diplomatie d'un régime communiste se mêle des contrats d'un footballeur français, la leçon est claire : en Chine, l'entreprise est au service du pouvoir, et l'étranger qui paie doit se taire.
Les Echos confirment qu'au moins trois marques de consommation chinoises ont annoncé mardi rompre leur partenariat avec le joueur, jugeant ses propos insultants envers le père fondateur de la République populaire.
Une censure qui n'étonnera que les naïfs
La vidéo a déclenché sur Weibo des réactions à la mesure de la célébrité du sportif. « Les boissons Dongpeng mettent fin à la collaboration avec Mbappé » est devenu le sujet le plus discuté du réseau, avec 430 millions de vues. Un internaute a résumé l'état d'esprit ambiant : « Certains diront comment cela se passe dans d'autres pays. Mais, en Chine, ce sont des propos déplacés extrêmement graves qui ont franchi la ligne rouge. »
Un autre a exigé des poursuites judiciaires contre le joueur pour réclamer des dédommagements, promettant de boycotter les marques si elles n'agissaient pas. Le site spécialisé Dongqiudi a qualifié ces propos de tellement « offensants pour la Chine et le peuple chinois » qu'il a refusé de les traduire.
Le rappel à l'ordre ne s'arrête pas aux contrats. Selon Capital, Mbappé a perdu trois sponsors en une seule journée à cause de cette plaisanterie, et la plateforme Xiaohongshu a de surcroît interdit au compte associé à son nom de publier, « pour violation des règles de la communauté ». Un million d'abonnés sur Weibo, 1,1 million sur Xiaohongshu, des publicités générées par intelligence artificielle diffusées pendant la dernière Coupe du monde : hier vitrine des marques chinoises, Mbappé est devenu en vingt-quatre heures un paria numérique.
Un symbole du rapport de forces avec Pékin
Il faut mesurer ce que cet épisode révèle. Mao Zedong, disparu en 1976, reste officiellement un héros national en Chine. Le « Grand Timonier » a dirigé la révolution communiste et proclamé la République populaire en 1949. On peut juger l'histoire à l'aune de nos libertés ; Pékin la juge à celle de sa propagande. Un footballeur français ne peut pas, aux yeux du régime, rire d'un personnage que soixante-dix ans de récit officiel ont érigé en idole intouchable.
Rappelons sans fard ce que ce « héros » incarne : un des plus meurtriers du XXe siècle, responsable de famines et de purges qui ont coûté des dizaines de millions de vies. Que des entreprises françaises ou européennes continuent de courber l'échine devant les mêmes autorités qui imposent ce culte devrait interroger tous ceux qui croient encore au commerce apaisant les mœurs.
Mbappé n'est pas le premier à faire les frais de la susceptibilité du Parti. Avant lui, d'autres grands sportifs ont subi de vigoureux retours de bâton pour des propos sur le président Xi Jinping, Taïwan ou Hong Kong. La liste s'allonge, et la docilité des uns ne protège jamais des exigences des autres.
L'incident intervient au lendemain d'une deuxième place au Ballon d'Or 2026, attribué à l'Anglais Harry Kane. Sport Buzz relève que le joueur avait ri d'un mème le comparant à Mao Zedong, un montage parmi tant d'autres associant son visage à des figures historiques, phénomène auquel il est a priori étranger.
Reste une question, que nos élites progressistes éviteront soigneusement de poser : pourquoi nos champions, nos entreprises et nos artistes doivent-ils s'excuser auprès d'une dictature pour une plaisanterie faite en France ? La souveraineté, c'est aussi celle de rire librement chez soi.
Ce qu'il faut retenir
Mbappé a-t-il nommé Mao Zedong dans la vidéo ?
Non. Il parle d'un montage le représentant en « dictateur chinois », sans désigner nommément Mao Zedong, dont l'image apparaît dans le mème visé.
Quels sponsors ont rompu avec Mbappé ?
Dongpeng (boissons), Mengniu (produits laitiers) et Milkground (fromages) ont annoncé le 27 octobre 2026 la fin immédiate de leur coopération avec le joueur.
Mbappé est-il populaire en Chine ?
Oui, il compte un million d'abonnés sur Weibo et 1,1 million sur Xiaohongshu, et le football y suscite un fort engouement malgré les mauvais résultats de la sélection nationale, absente du Mondial depuis 2002.
