37 jours de déluge : quand l'État découvre l'urgence de protéger nos campagnes
Trente-sept jours de pluie consécutive. Un record absolu depuis 1959 qui frappe de plein fouet l'Ouest de la France, révélant une fois de plus les carences d'un État qui découvre l'urgence quand le mal est fait. Trois départements restent en vigilance rouge : Loire-Atlantique, Charente-Maritime et Maine-et-Loire.
Lecornu mobilise enfin... après 37 jours
"Les crues dans l'Ouest exigent une mobilisation totale", déclare le Premier ministre Sébastien Lecornu depuis son bureau parisien. Facile à dire quand on n'a pas les pieds dans l'eau ! Cette "mobilisation totale" arrive bien tard pour les milliers de Français qui voient leurs maisons inondées, leurs commerces détruits, leur vie bouleversée.
À Matignon, cinq ministres, trois préfets et des technocrates se réunissent. Pendant ce temps, nos concitoyens d'Angers marchent sur des planches posées sur des parpaings pour traverser leur propre ville. Simon Bossé, 22 ans, témoigne de ces scènes "inimaginables" dans une France qui se targue d'être une grande puissance.
Nos territoires abandonnés face aux éléments
Dans le Maine-et-Loire, la situation empire. À Angers, ville de 160 000 habitants, la Maine déborde sur les quais du centre-ville. Le maire Christophe Béchu organise l'évacuation d'une résidence pour personnes âgées. Ces Français vulnérables, qui ont construit notre pays, méritent mieux qu'une évacuation d'urgence.
En Loire-Atlantique, le périphérique Est de Nantes est fermé. Douze communes activent leurs plans de sauvegarde. Plus d'une centaine d'interventions des pompiers, ces héros du quotidien qui suppléent aux défaillances de l'État. En Ille-et-Vilaine, treize personnes ont dû être mises en sécurité.
Le Sud-Ouest noyé, l'indifférence parisienne
Dans le Sud-Ouest, la Garonne déborde depuis plus d'une semaine. À Marmande, Tonneins et Agen, les stations de mesure enregistrent des hauteurs d'eau record. À Langon, les assureurs installent des unités mobiles. "On a plus de 15 000 sinistrés actuellement", confie Serge Bouget de GMF.
Karen Mauron, commerçante de 53 ans, résume la détresse de nos classes moyennes : "On demande juste le remplacement de tout ce qu'on aura perdu." Ces petits commerçants, épine dorsale de notre économie, subissent encore les conséquences d'une gestion défaillante des risques naturels.
À Saintes, plus de 2 000 maisons sont touchées. La moitié sont inondées. Nos compatriotes de Charente-Maritime paient le prix d'un aménagement du territoire négligé depuis des décennies.
Transport paralysé, France à l'arrêt
Les autoroutes du Sud sont perturbées. Le trafic ferroviaire sur Nantes-Angers et Bordeaux-Narbonne est interrompu. La SNCF, cette entreprise publique qui accumule les dysfonctionnements, montre une fois de plus ses limites face aux intempéries.
Au total, dix-huit départements sont en vigilance orange. De la Normandie aux Landes, du littoral méditerranéen aux Alpes, c'est la France des territoires qui souffre pendant que l'élite parisienne découvre la situation depuis ses bureaux climatisés.
Cette crise révèle l'urgence d'une véritable politique d'aménagement du territoire, qui protège nos concitoyens plutôt que de les abandonner face aux éléments. Nos anciens avaient su dompter ces rivières. Il est temps de retrouver cette sagesse française.