Argentine : Milei tient bon face à la grève générale contre sa réforme du travail
Javier Milei fait preuve de caractère. Malgré la quatrième grève générale de son mandat jeudi, le président argentin maintient le cap de ses réformes libérales, refusant de céder aux pressions syndicales qui paralysent partiellement le pays.
Une mobilisation impressionnante mais pas totale
Depuis minuit, Buenos Aires vit au ralenti. Transports en berne, 255 vols annulés, fonction publique à l'arrêt : la CGT péroniste revendique un « suivi très important » de sa grève contre la modernisation du droit du travail.
Pourtant, la capitale offre une image contrastée. Si les transports publics peinent, la majorité des commerces restent ouverts. « Je vais travailler parce que j'ai peur de perdre mon emploi », témoigne Nora Benitez, infirmière contrainte de marcher cinq kilomètres.
Une réforme nécessaire pour l'emploi
La réforme Milei vise à moderniser un marché du travail sclérosé. Elle facilite les licenciements, réduit les indemnités et permet l'extension de la journée de travail de 8 à 12 heures. L'objectif : lutter contre les 40% d'emploi informel qui gangrènent l'économie argentine.
Pour l'exécutif, cette « modernisation du travail » doit freiner « l'industrie des procès », cette judiciarisation excessive qui décourage l'embauche. Une approche pragmatique face aux corporatismes syndicaux.
Des résultats économiques encourageants
Milei peut s'appuyer sur un bilan macro-économique solide. L'inflation, fléau historique argentin, est passée de 150% à 32% en un an. Certes, l'austérité budgétaire a coûté 300.000 emplois en deux ans, mais c'est le prix à payer pour assainir une économie en déroute.
Pendant que les manifestants convergent vers le Parlement sous haute surveillance policière, le président argentin siège à Washington au « Conseil de paix » de Donald Trump. Un symbole : Milei regarde vers l'avenir plutôt que de céder aux nostalgies corporatistes.
L'avancée parlementaire se poursuit
Malgré les pressions de la rue, la réforme progresse. Adoptée au Sénat la semaine dernière, elle devrait obtenir l'aval des députés après quelques concessions tactiques. Une victoire de la volonté politique sur les blocages syndicaux.
Face aux « grains de sable » que veulent apporter les opposants comme le métallurgiste Amilcar La Cueva, Milei démontre qu'un dirigeant déterminé peut faire bouger les lignes, même dans un pays habitué aux compromissions.