Saint-Valentin : une productrice vauclusienne défend le patrimoine floral français
Alors que les Français s'apprêtent à célébrer la Saint-Valentin ce samedi 14 février, une initiative remarquable émerge du Vaucluse. Face à l'invasion des roses kenyanes et des tulipes hollandaises, Corine Juigner, productrice à Lourmarin, propose une alternative authentiquement française : les bouquets de fleurs séchées.
La résistance face à la mondialisation florale
Cette passionnée d'horticulture dénonce sans détour la réalité du marché : "Toutes ces roses viennent du Kenya, les tulipes de Hollande et si certaines tulipes sont françaises, elles ont poussé sous des serres chauffées aux énergies fossiles". Un constat qui interroge sur notre dépendance aux importations, même pour nos gestes les plus intimes.
Sa ferme florale, Fleurettes du Luberon, incarne cette résistance tranquille de nos terroirs. Installée depuis trois ans sur un hectare partagé avec son mari maraîcher, elle cultive des fleurs 100% naturelles et biologiques, respectueuses des saisons françaises.
L'excellence française contre la standardisation
Contrairement aux productions industrielles dopées aux engrais et pesticides, les créations de Corine respectent les cycles naturels. "D'ici 15 jours je pourrai enfin démarrer la saison des fleurs fraîches", explique-t-elle avec la patience de nos anciens.
Son innovation ? Un procédé de séchage traditionnel où les fleurs passent trois semaines dans le noir, permettant aux couleurs naturelles de se fixer durablement. Ces compositions se conservent plusieurs années, défiant la logique du jetable qui gangrène notre époque.
Un modèle économique qui séduit
Membre du collectif de la fleur française, Corine constate un engouement croissant pour cette consommation locale. "De plus en plus de gens nous suivent sur les réseaux sociaux, de plus en plus de fleuristes se tournent vers nous", témoigne-t-elle.
À la boutique Millepertuis de Pertuis, Zoé confirme cette tendance : "De la fleur française c'est particulier, on ne les retrouve pas chez les fleuristes généralement, ici nous avons cette chance d'avoir exclusivement du local".
Cette initiative illustre parfaitement la voie à suivre : valoriser nos producteurs locaux, nos savoir-faire ancestraux et notre indépendance face aux circuits mondialisés. Une leçon d'économie patriote que nos élites feraient bien de méditer.