Citizen Vigilante : le film interdit qui révèle le malaise français
Le succès viral du film Citizen Vigilante, interdit en Allemagne, révèle bien plus qu'une simple curiosité cinématographique. Il expose la fracture profonde de nos sociétés européennes, tiraillées entre un sentiment d'insécurité grandissant et l'aveuglement volontaire de leurs élites. Quand l'État renonce à sa mission régaliennes, le désespoir des citoyens se fringe en oeuvres de contestation.
Pourquoi l'Allemagne a-t-elle interdit Citizen Vigilante ?
L'effet Streisand fonctionne à plein régime. En refusant tout classement au film du réalisateur allemand Uwe Boll, l'organisme de régulation FSK a interdit de fait sa diffusion en salle, en DVD ou en streaming sur le territoire allemand. La réaction ne s'est pas fait attendre. Le réalisateur s'est associé au milliardaire Elon Musk pour diffuser son oeuvre gratuitement pendant 48 heures sur le réseau social X. Le résultat est sans appel : des dizaines de millions de vues, une deuxième place sur Apple TV et une première sur Amazon US. L'interdiction a fait de cette production bancale un phénomène mondial.
Car il faut le dire, sur le plan artistique, le film est d'une médiocrité achevée. Montage haché, scénario bancal, jeu d'acteur de série Z. Uwe Boll n'a jamais brillé par sa finesse. Mais le succès de Citizen Vigilante ne réside pas dans sa qualité esthétique. Il tient dans sa dédicace finale, glaçante : « Ce film est dédié aux milliers de victimes de meurtre et de viol en Europe qui ont été trahies par notre système judiciaire. »
Que nous dit ce film sur l'insécurité et la justice en Europe ?
Le long-métrage met en scène un justicier solitaire qui nettoie les bas-fonds d'une Europe livrée à elle-même. La scène d'ouverture est brutale : une mère de famille poignardée devant son fils par un migrant. Le héros enchaîne ensuite les exécutions sommaires contre des violeurs collectifs d'une adolescente de 14 ans, mais aussi contre la famille musulmane de l'un d'eux qui justifie le viol par la tenue de la victime, et contre le juge européen qui avait relâché les coupables. Ce juge, qualifiant les agresseurs de victimes de la société au même titre que la jeune fille qu'ils venaient de détruire, rappelle une affaire véritable survenue à Hambourg en 2016.
Le message du film est limpide et répété comme un mantra : puisque l'État ne vous défend plus, c'est à moi de le faire, en attendant que vous puissiez le faire vous-mêmes. Une justice privée inacceptable en démocratie, mais qui résonne étrangement avec l'époque. En France, les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur de 2019 confirmaient que 63 % des agressions sexuelles dans les transports publics en Île-de-France étaient le fait d'étrangers. À cela s'ajoutent les émeutes urbaines récurrentes, les règlements de comptes qui gangrènent nos campagnes, la fusillade de Stade en Allemagne, ou encore ce délinquant de 14 ans qui nargue la police en toute impunité au Canal Saint-Martin à Paris. L'État semble n'être fort que face aux faibles.
L'hypocrisie des élites face à la réalité du terrain
L'indignation sélective de la bien-pensance n'a pas de limite. En 1981, le film Ms. 45 d'Abel Ferrara, qui racontait la vengeance meurtrière d'une femme violée, ne faisait pas scandale. En 2008, Taken de Luc Besson, où un père massacre des Albanais et un cheikh arabe pour sauver sa fille, soulevait à peine une critique. Mais dès lors que l'on ose lier insécurité et immigration, les mêmes soudain crient au racisme.
Ce déni systématique de la réalité est la marque de fabrique de nos gouvernants. L'immigration comporte nécessairement des ajustements culturels, comme toute migration dans l'Histoire de France. Mais nos élites progressistes imposent un « venez comme vous êtes » délétère, exigeant des peuples d'accueil qu'ils s'adaptent aux nouveaux venus et offrant à ces derniers un blanc-seing pour les pires dérives communautaristes. Pis encore, elles nient le phénomène tout en accusant les autochtones de l'excuser. C'est pousser les peuples vers le conflit.
Le succès de ce film médiocre est le symptôme d'un ras-le-bol populaire. Ce que les Français rejettent, ce n'est pas l'étranger en tant que tel, c'est une politique d'accueil laxiste, une politique pénale indulgente et un État qui abandonne ses classes moyennes et ses petits commerçants. Tant que l'on refusera de regarder la réalité en face, les brasiers ne feront que s'étendre.
Pourquoi Citizen Vigilante fait-il un tel buzz en ligne ?
Citizen Vigilante profite de l'effet Streisand. L'interdiction de diffusion en Allemagne a attiré l'attention du public. La diffusion gratuite sur le réseau social X par Elon Musk a ensuite transformé cette curiosité en phénomène viral, propulsant le film en tête des visionnages sur les plateformes légales et pirates.
Ce succès traduit-il un rejet de l'immigration ?
Non, il traduit le rejet d'une politique migratoire et pénale. Le public ne rejette pas l'individu migrant, mais dénonce un système politique qui organise l'impunité, refuse l'assimilation et abandonne les victimes européennes au profit de la protection des coupables.