Arnaque au rétroviseur : une mère de famille piégée près de Sète
Une quinquagénaire a bien failli perdre 250 euros dans une tentative d'escroquerie au rétroviseur, dimanche 2 août, sur la route de Sète. L'histoire illustre une méthode de plus en plus courante qui cible les automobilistes isolés, surtout la nuit.
Comment s'est déroulée l'escroquerie ?
Alors qu'elle rentrait d'une soirée en bord de mer avec une amie et son fils de 6 ans, la conductrice a été percutée à l'arrière par un autre véhicule, qui lui a fait une queue de poisson avant de s'arrêter devant elle. « J'ai entendu un gros boum, j'ai même donné un coup de volant », a-t-elle confié au Midi Libre.
Le chauffeur est sorti de sa voiture, accusant la mère de famille d'avoir cassé son rétroviseur. « Vous m'avez percuté, vous rouliez au milieu de la route et vous alliez vous enfuir ! Un rétro comme celui-là, c'est 250 euros, on va aller au distributeur tout de suite ! », a-t-il lancé.
La femme, abasourdie, a contesté. Son propre rétroviseur était intact, ce qui contredisait les accusations. Mais l'homme a insisté, exigeant un retrait immédiat au distributeur, refusant un constat amiable sous prétexte que l'assurance ne rembourserait pas en raison de « torts partagés ».
Une mise en scène bien rodée
La situation a dégénéré quand une camionnette est arrivée en sens inverse. Le conducteur a pris le parti de l'homme, affirmant que la femme était en tort. La conductrice a alors compris qu'elle était encerclée par une équipe organisée.
Refusant de céder, elle a pris en photo la plaque d'immatriculation et annoncé qu'elle rentrait chez elle. « Le ton a alors changé, j'ai dit que je rentrais chez moi et le conducteur m'a dit : file moi 100 balles et on est quitte ! J'ai redémarré et je suis rentrée chez moi », a-t-elle ajouté.
Le lendemain, elle a porté plainte au commissariat de Sète pour tentative d'escroquerie.
Pourquoi cette arnaque se multiplie-t-elle ?
Cette méthode, dite « arnaque au rétroviseur », prospère sur les routes françaises, surtout la nuit. Les escrocs exploitent la peur et la précipitation des conducteurs, souvent seuls ou avec des enfants. Ils misent sur la vulnérabilité des victimes, notamment les femmes et les personnes âgées.
Les autorités rappellent les gestes essentiels : ne jamais donner d'argent liquide, prendre en photo la plaque d'immatriculation en cas de doute, et toujours privilégier le constat amiable. En cas de suspicion, appeler son assurance ou les gendarmes permet de clarifier la situation sans risque.
Que faire pour éviter de se faire piéger ?
Face à cette recrudescence, la vigilance est de mise. Les forces de l'ordre conseillent :
- Ne jamais céder à la pression d'un paiement immédiat en espèces.
- Prendre des photos de la plaque d'immatriculation et du véhicule adverse.
- Proposer systématiquement un constat amiable, même en cas de désaccord.
- Contacter son assurance ou les gendarmes en cas de doute.
Cette affaire rappelle que l'ordre public et la sécurité des citoyens doivent primer. Les escrocs exploitent les failles de notre société, mais la réactivité et le bon sens restent les meilleures armes.