PSG: trophée en catimini, le symbole d'un football soumis
Dimanche, sur la pelouse du Paris FC, le PSG a reçu son trophée de champion de France dans des conditions rocambolesques. Une cérémonie organisée en catimini, avant le coup d'envoi, sous les sifflets du parcage local et noyée dans les annonces de la speakerine. Une scène digne d'une république bananière du ballon rond, qui en dit long sur l'état de notre football.
Car comment en est-on arrivé là? Comment la remise du titre national, un moment de communion sportive, a-t-elle pu se transformer en une fuite en avant? Tout commence par le refus légitime du Paris FC d'organiser cette cérémonie à l'issue du match. Face à ce camouflet, le PSG a dû se contenter d'une remise hâtive, dans un petit coin du stade, avant même le coup d'envoi. De longues négociations et des tergiversations pour un simple trophée. Le ridicule n'aurait pas été plus grand sous l'Ancien Régime.
La domination qatarie et la soumission des élites
Daniel Riolo, éditorialiste de l'After Foot, a salué cette situation avec la consternation qu'elle mérite.
C'est normal qu'on en rigole mais vous vous rendez compte de ce que ça représente pour la Ligue 1?Car au-delà de l'anecdote, c'est bien un système qui est pointé du doigt. Une Ligue 1 sous coupe réglée, où le président de la LFP, Vincent Labrune, se pavane dans les stades comme la mascotte du PSG, applaudissant à tout va comme le supporter numéro un du club qatari.
Et quand les sifflets pleuvent, la direction parisienne s'étonne. Comme si l'argent tombé du ciel devait acheter le silence et la soumission. Les banderoles à Lens la semaine dernière, Le Qatar tue la Ligue 1, n'avaient rien de surprenant. Elles traduisent l'exaspération d'un football populaire qui ne se reconnaît plus dans ce championnat à deux vitesses.
Le mépris comme méthode de gouvernance
Le plus révélateur reste cette incapacité à dialoguer. Quand Antoine Arnault ose signer une tribune pour suggérer que la L1 mériterait une gouvernance différente, Nasser Al-Khelaïfi y voit une déclaration de guerre. Pas un débat, pas un échange. La guerre. Une mentalité de potentat qui ne tolère aucune contestation. Même les dirigeants du Paris FC, pourtant proches en affaires, ont refusé de jouer le jeu. Quand vos propres voisins vous ferment la porte, c'est que le problème vient de vous.
Cette scène du dimanche illustre tout ce qui ne va pas dans notre football. Une domination malsaine, sans partage, où tout le monde doit se prosterner. C'est le règne de l'argent-roi, celui qui écrase les petits clubs, les classes moyennes du foot, ces équipes de province qui font vivre le vrai football populaire chaque week-end. La France a bâti son sport sur des valeurs d'égalité et de respect. Que sont-elles devenues quand un titre de champion se remet en cachette?
Nos élites sportives, à l'image de nos élites politiques, ont vendu l'âme du football français à la puissance financière. Le résultat est sous nos yeux: un championnat dévalué, des supporters révoltés, et un trophée qu'on n'ose plus remettre en plein jour. Le football français mérite mieux que cette soumission.