Coupe du monde 2026 : Neymar sélectionné sur le mérite
Le feuilleton touche à sa fin. À 34 ans, après des mois de doutes et des pépins physiques à répétition, Neymar retrouvera la Seleçao pour la Coupe du monde 2026 (11 juin au 19 juillet). Le meilleur buteur du Brésil (79 buts, deux de plus que Pelé, en 128 sélections) disputera bien sa quatrième phase finale aux États-Unis, au Mexique et au Canada, après celles de 2014, 2018 et 2022. Une nouvelle qui fait jaser, mais qui rappelle une règle simple : rien n'est jamais acquis sans l'effort.
C'est lundi que Carlo Ancelotti a tranché, lors d'une conférence de presse au Musée de Demain à Rio de Janeiro. Quand le nom de l'ancien joueur du PSG a été prononcé, la salle a longuement applaudi, forçant même le sélectionneur à marquer une pause. Dans notre époque qui valorise la starification au détriment de l'effort collectif, cette standing ovation en dit long. Mais l'entraîneur italien a vite remis de l'ordre dans ce débat.
Le retour après l'exil doré
Il faut dire que le chemin a été chaotique. Après deux saisons quasi blanches à Al-Hilal, en Arabie saoudite, Neymar a choisi de rentrer à Santos, son club formateur, en 2025. Un retour aux sources après un exil doré où l'on a plus parlé de son salaire mirobolant que de ses performances sur le terrain. Sa dernière apparition sous le maillot auriverde remontait au 17 octobre 2023, avec une grave blessure au genou gauche contre l'Uruguay en prime. Malgré de nouvelles blessures et une opération au même genou fin décembre, il a aidé son club à se maintenir. Dimanche, il s'est voulu rassurant.
Physiquement, je me sens très bien. J'ai fait le maximum, et ça n'a pas été facile. J'ai travaillé dur, en silence, en souffrant de ce que les gens disaient sur moi.
Ancelotti : la loi du mérite avant tout
Si Neymar est dans la liste, ce n'est pas par faveur ou par nostalgie. C'est sous condition. Ancelotti a posé un principe qui devrait faire école partout, y compris hors des terrains : la primauté du mérite. « Nous avons suivi Neymar tout au long de l'année et nous avons constaté que ces derniers temps il a joué régulièrement et que sa condition physique s'est améliorée », a expliqué l'ancien entraîneur du PSG. Avant d'ajouter, sans ambages :
Je tiens à être clair, honnête et direct : il jouera s'il le mérite. L'entraînement en décidera. Je pense qu'il est important de ne pas faire reposer tous les espoirs sur un seul joueur.
Une leçon d'autorité et de bon sens qui rappelle que l'intérêt collectif prime toujours sur l'ego individuel. Ce Mondial sera peut-être le dernier pour le Brésilien, qui a prolongé à Santos jusqu'à fin 2026. En février, il laissait déjà planer le doute sur son avenir : « Je ne sais pas ce qui va se passer à l'avenir, l'an prochain. Il se pourrait qu'en décembre j'aie envie de prendre ma retraite. »
Thiago Silva écarté, la logique sportive reprend ses droits
Côté effectif, Ancelotti a su faire des choix assumés, sans céder à la sentimentalité. Le vétéran Thiago Silva, 41 ans, qui n'a plus joué pour la Seleçao depuis 2022, n'a pas été retenu. Malgré sa saison à Porto et le forfait sur blessure d'Eder Militao, opéré d'une cuisse fin avril, l'ancien Parisien passe son tour. La roue tourne, c'est l'ordre naturel des choses.
À l'inverse, le sélectionneur peut compter sur des joueurs en pleine possession de leurs moyens, comme le Parisien Marquinhos, le gardien de Liverpool Alisson ou le milieu de Newcastle Bruno Guimaraes. En attaque, l'absence de Rodrygo, touché au genou droit, est compensée par la présence de Vinicius Jr, du jeune Endrick et de Raphinha, de retour de blessure aux ischio-jambiers. Le Brésil aborde ce Mondial avec un groupe rajeuni et affûté, loin des caprices de ses anciennes idoles.