Paul Seixas, le prodige du cyclisme français qui redonne ses lettres de noblesse au Beaujolais
À 19 ans, Paul Seixas est quatrième du classement général du Tour de France. Dans le Beaujolais où il a grandi, on ne parle que de lui. Une fierté légitime pour une région qui a vu naître ce champion, et un engouement qui profite aux clubs locaux.
Un phénomène qui électrise tout un terroir
À Villefranche-sur-Saône, les Caladois ne jurent que par leur prodige. Mouss, un habitant, ne cache pas son enthousiasme : « C'est un bonheur, c'est une fierté, c'est le Beaujolais, c'est la classe ! » Paulo, un autre, renchérit : « On est tous fiers de lui, il a réussi à montrer quelque chose, j'espère qu'il montrera beaucoup plus. » Dans les cafés du matin comme le soir, le nom de Paul Seixas est sur toutes les lèvres.
Un champion au-dessus du lot, formé dans nos clubs
Au Vélo Club de Villefranche (VCVB), on se souvient du jeune garçon. Cyril, le mécano du club, confie : « Paul, c'est une machine. » Anthony Barle, manager général, ajoute : « Il était déjà atypique, dans son monde. Plus l'événement était gros, plus il était bon. » Une fougue et une détermination qui ont fait de lui un coureur d'exception, avec un « moteur de Ferrari dans une carrosserie de Twingo », selon Marc Pacheco, entraîneur au Lyon Sprint Evolution.
La « Seixasmania » déferle sur les clubs et les routes
L'effet Seixas ne se limite pas aux gradins. Les clubs du Beaujolais enregistrent une explosion des demandes de licence. « En général, on a une trentaine de demandes, là on est à 60, et je suis sûr qu'on va passer à 80 », s'enthousiasme Marc Pacheco. Mais cet engouement pose un défi : l'encadrement. « Notre problème, ce n'est pas l'arrivée des gamins, c'est les bénévoles », précise-t-il.
Sur les routes, la foule se presse autour du car de son équipe, surtout des jeunes. « Depuis qu'il y est, je regarde toutes ses courses », lance un fan. « Ça donne envie de faire du vélo. » Un enthousiasme qui promet de belles pancartes lors de la 18e étape, de Voiron à Orcières Merlette, avec cinq ascensions redoutables.
Un avenir prometteur pour la France et ses terroirs
Paul Seixas incarne ce que la France a de meilleur : un talent brut, forgé dans les clubs de nos campagnes, loin des élites parisiennes. Son père l'avait prédit : « Paul, c'est une machine. » Et aujourd'hui, le prodige tient ses promesses. Les pronostics vont bon train : « Il va être très bon sur cette troisième semaine, et je suis sûr qu'il va aller chercher une étape », parie un ancien entraîneur. Peut-être même celle de l'Alpe d'Huez, vendredi.
Quel que soit le résultat, les Caladois continueront de pousser leur champion. Et Paul Seixas a promis de revenir dans son club, un mercredi, pour voir la relève. Une leçon de modestie et de fidélité, qui fait du bien.