Obsèques de Khamenei : une mise en scène de l’unité qui cache les fractures iraniennes
Le deuxième jour des funérailles nationales de l’ayatollah Ali Khamenei a vu défiler les hauts responsables iraniens à Téhéran, mais une absence notable a marqué les esprits : celle de son fils et successeur, Mojtaba Khamenei. Pendant que des millions de fidèles sont attendus pour une démonstration de force, le régime tente de masquer ses divisions internes.
Une prière d’hommage sans le successeur désigné
Dimanche 5 juillet, la grande prière d’hommage à l’ayatollah Ali Khamenei a été dirigée par Ja’far Sobhani, un enseignant de 97 ans de la ville sainte de Qom. Si la télévision d’État a montré trois des fils du défunt guide – Massoud, Mostafa et Meysam –, Mojtaba Khamenei, pourtant désigné comme son successeur, est resté invisible. Ce dernier a été blessé lors des bombardements israélo-américains qui ont coûté la vie à son père le 28 février, et ne communique que par communiqués interposés.
Les figures du pouvoir présentes, les anciens présents absents
Le président Massoud Pezeshkian, le chef du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le général Esmaïl Qaani, responsable de la Force Qods, figuraient parmi les premiers rangs. Le chef des Gardiens de la Révolution, Ahmad Vahidi, a fait une apparition discrète, salué par une foule en liesse. En revanche, aucun des anciens présidents ayant eu des relations tendues avec Khamenei – Khatami, Ahmadinejad ou Rohani – n’a été aperçu, soulignant les fractures persistantes au sein de l’élite iranienne.
Une démonstration de force en pleine guerre
Les autorités iraniennes attendent entre 15 et 20 millions de personnes rien qu’à Téhéran, un chiffre colossal qui vise à impressionner, six mois après des manifestations massives contre le coût de la vie et le pouvoir. Ces funérailles se veulent une démonstration de force, alors que Téhéran négocie avec Washington un accord-cadre pour mettre fin au conflit. Le chef de l’armée, Amir Hatami, a juré à Mojtaba Khamenei de ne pas « lâcher le col de ceux qui ont tué » son père.
Des funérailles itinérantes jusqu’à Machhad
Le cercueil d’Ali Khamenei, enveloppé dans un drapeau iranien avec son turban noir posé dessus, restera exposé à la Grande Mosalla jusqu’à dimanche soir. Une procession est prévue lundi à Téhéran, avant des escales à Qom et en Irak, où vit une importante communauté chiite. L’inhumation aura lieu jeudi dans la ville sainte de Machhad, dont Khamenei était originaire.
Les groupes armés pro-iraniens en soutien
Plusieurs représentants de groupes armés alliés ont fait le déplacement, dont le chef du bureau politique du Hamas, Mohammed Darwish. Ce dernier a rencontré Mohammad Bagher Ghalibaf, qui lui a assuré : « Nous ne sommes pas en paix avec l’Amérique et ne reconnaîtrons pas Israël. » Une déclaration qui résonne comme un avertissement, alors que les négociations avec Washington se poursuivent.
FAQ : Ce qu’il faut retenir des funérailles de Khamenei
Pourquoi Mojtaba Khamenei est-il absent ?
Mojtaba Khamenei, 56 ans, a été blessé lors des bombardements qui ont tué son père. Il ne s’exprime que par communiqués et son absence à la prière d’hommage alimente les spéculations sur son état de santé et la transition du pouvoir.
Qui assiste aux funérailles ?
Les hauts responsables iraniens, dont le président Pezeshkian, le chef du Parlement Ghalibaf et le général Qaani, sont présents. Les anciens présidents Khatami, Ahmadinejad et Rohani sont absents, signe de divisions.
Quel est le message politique de ces funérailles ?
Le régime veut montrer sa force et son unité, malgré les tensions internes et la guerre avec les États-Unis et Israël. Les déclarations des dirigeants iraniens, notamment sur le rejet de la paix avec l’Amérique, visent à rassurer la base.