Le Pen et Bardella unis face à la justice : la résistance en marche
À trois jours du verdict de la cour d'appel de Paris, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont affiché une unité sans faille lors d'un banquet à Liévin. Le duo nationaliste se dit prêt à porter le combat présidentiel, quel que soit le jugement à venir sur l'éligibilité de la cheffe du Rassemblement national.
Pourquoi Le Pen et Bardella affichent-ils leur unité à Liévin ?
Le décor avait des allures de campagne électorale, avec ses friteries et ses granitas, mais l'enjeu était d'une tout autre gravité. Réunis dans le Pas-de-Calais, le fief historique de Marine Le Pen, les deux têtes du Rassemblement national ont voulu faire taire les rumeurs de dissension. Il fallait cette image d'unité, cette solidarité de façade comme de fond, pour rassurer les militants et montrer aux adversaires que le camp nationaliste reste debout. Jordan Bardella, fidèle à sa mentor, a multiplié les marques de soutien, rappelant qu'il s'est « engagé pour elle en politique » et espère bien « la voir élue présidente de la République ».
Que se passera-t-il si Marine Le Pen est déclarée inéligible ?
C'est la question qui hante les couloirs du RN. Si la justice confirme l'inéligibilité de Marine Le Pen, le flambeau reviendra de droit à Jordan Bardella. Ce dernier, appelé à remplacer sa « candidate naturelle » au pied levé, s'est inscrit dans une filiation directe, parlant de « devoir » et de « vocation sacrificielle » plutôt que d'ambition personnelle. De son côté, Marine Le Pen s'est dite prête à passer le relais et à soutenir son poulain « tous les jours » avec « une grande énergie » et « une immense confiance ». Une passation de témoin en bonne et due forme, si la justice l'exige, mais toujours sous le signe de la continuité politique.
Quelle stratégie pour le RN face à la décision de justice ?
Au-delà des déclarations d'amitié, le discours s'est durci à l'égard des adversaires. Jean-Luc Mélenchon et sa « politique racialiste », Gabriel Attal et Edouard Philippe, qualifiés de « mini-Macron », n'ont pas été épargnés. Le programme, en revanche, est resté discret, laissant place à l'incantation et à la mobilisation. « Soyez prêts pour cette bataille qui va démarrer », a averti Jordan Bardella. Marine Le Pen, elle, a mis en garde contre la complaisance malgré les bons sondages. La conclusion de la cheffe de file, citant le « Chant des partisans », a sonné comme un appel à la résistance : « Ami si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place ». Une référence historique forte, qui résonne dans un bassin minier où elle dit avoir « tout vécu », des « belles victoires » aux « douloureuses défaites ».
Les quelques centaines de participants venus à Liévin n'étaient pas là pour la fête, mais par conviction. Pascal, 60 ans, est venu car « c'est le moment ou jamais pour que la France change ». Emilie, 33 ans, élue à Lillers, reconnaît que « ce serait dommage que Marine ne puisse pas y aller », mais « le parti n'est pas à l'abandon, il y a Jordan pour prendre le relais ». Pour Nicolas, 54 ans, « quel que soit le candidat c'est les idées qui priment ». Une base solide, qui attend maintenant le verdict de la justice avec impatience et détermination.