Affaire Ravatomanga : Un ancien pompier accuse le directeur de la FCC
Une nouvelle affaire de corruption secoue l'île Maurice. Nasser Osman Beekhy, pompier retraité de 65 ans, maintient ses accusations contre Titrudeo Dawoodarry, directeur par intérim de la Financial Crimes Commission (FCC), dans une affaire de trafic d'influence qui révèle les dysfonctionnements des institutions mauriciennes.
Des accusations graves maintenues
Poursuivi pour entente délictueuse, Beekhy n'a pas flanché lors de son interrogatoire du 11 novembre devant le tribunal de Port-Louis. Face aux questions pressantes de l'avocat de la FCC, Me Harivansh Jeeha, l'ancien pompier a maintenu ses déclarations : « Monsieur Dawoodarry est impliqué, je le maintiens ».
L'accusé affirme avoir dénoncé « un gros trafic d'influence » et refuse de révéler davantage d'informations tant qu'il reste sous la juridiction de la FCC. Une position qui témoigne d'une méfiance profonde envers l'institution censée lutter contre la corruption financière.
Manipulation de preuves contestée
L'accusation soupçonne Beekhy d'avoir effacé des données compromettantes de son téléphone portable avant de prendre l'avion le 24 octobre. Le sexagénaire conteste fermement : son appareil aurait simplement eu un bug technique, nécessitant une remise à zéro classique.
Cette version des faits illustre les méthodes parfois douteuses employées par certaines institutions pour faire pression sur les témoins gênants. L'avocat de Beekhy, Me Ashley Hurhangee, dénonce d'ailleurs « une rancune nourrie par la FCC contre son client ».
Un système à bout de souffle
Cette affaire révèle les travers d'un système où les institutions de contrôle semblent parfois plus préoccupées par leur image que par la vérité. La magistrate Chrisinta Chavrimootoo rendra sa décision le 14 novembre sur la demande de remise en liberté sous caution.
En attendant, la FCC s'oppose à cette libération, craignant une manipulation des témoins. Une position qui soulève des questions sur la présomption d'innocence et les méthodes employées par cette institution dans ses enquêtes.
Cette affaire Ravatomanga s'inscrit dans une série de scandales qui ternissent l'image des institutions mauriciennes et questionnent leur capacité à garantir une justice équitable aux citoyens.