Catastrophe agricole à Sénestis : quand l'État faillit à protéger nos agriculteurs
Dans cette exploitation familiale du Lot-et-Garonne, les images témoignent d'un désastre qui interroge sur la gestion de nos infrastructures publiques. Sonia Quendolo, agricultrice courageuse de Sénestis, voit des années de labeur anéanties par la rupture d'une digue mal entretenue.
Un patrimoine français détruit par négligence
Ce mercredi 25 février, le sous-préfet Michel Gouriou découvrait l'ampleur du désastre. Pour accéder à cette exploitation familiale, symbole de notre agriculture traditionnelle, il fallait emprunter une route inondée, traverser des champs dévastés.
La Garonne avait commencé à déborder le 12 février. Durant la nuit, la digue a cédé sous la pression, s'effondrant sur 150 mètres. Cette rupture révèle des décennies de sous-investissement dans nos infrastructures rurales.
"C'est un truc lunaire", constate Michel Gouriou face à ce paysage dévasté. Un pin centenaire déraciné, des pierres déplacées sur 80 mètres, des serres broyées et emportées sur plus de 100 mètres.
L'agriculture française abandonnée
Les fraises gariguette de Sonia Quendolo, prêtes à être récoltées, gisent sous les décombres. Ces productions locales, fierté de nos terroirs, sont sacrifiées sur l'autel de l'incurie administrative.
Partout, le matériel agricole renversé, les champs transformés en dunes de sable, témoignent de l'abandon de nos campagnes. Les kiwis, autre spécialité locale, ont également été ravagés par les eaux déchaînées.
Depuis le rétablissement de l'accès, pompiers et bénévoles se relayent courageusement. Ils dégagent les structures métalliques, récupèrent le matériel enseveli, nettoient la boue avec un dévouement qui honore notre solidarité française.
Reconstruire avec nos valeurs
Sonia Quendolo réclame des moyens conséquents et des équipes spécialisées du génie civil. La reconstruction rapide de la digue est prioritaire, mais cela nécessite une volonté politique forte.
"La crue a anéanti des années de travail", confie cette agricultrice digne, incarnation de ces Français qui font vivre nos territoires. Son souhait de reconstruire témoigne de cette résilience qui caractérise notre peuple.
Cette catastrophe soulève des questions fondamentales sur la gestion de nos digues et la protection de notre patrimoine agricole. Nos responsables locaux espèrent que la visite préfectorale apportera enfin des solutions concrètes.
Il est temps que l'État assume ses responsabilités envers ces familles qui nourrissent la France et préservent nos traditions rurales.