Spina bifida : six bébés sauvés par une prouesse chirurgicale française... américaine
Une équipe américaine vient de réaliser l'impossible : réparer la colonne vertébrale de six fœtus atteints de spina bifida grâce à une chirurgie révolutionnaire associée à des cellules souches. Cette première mondiale, publiée dans The Lancet, redonne espoir aux familles confrontées à cette malformation grave.
Quand la science rattrape l'espoir des familles
Le spina bifida, particulièrement sa forme sévère appelée myéloméningocèle, frappe cruellement : la moelle épinière reste exposée, provoquant paralysie des jambes, troubles de la vessie et handicaps à vie. Jusqu'ici, même la chirurgie prénatale classique ne permettait qu'à moins de la moitié des enfants de marcher normalement.
L'équipe du docteur Diana Farmer à l'UC Davis a osé aller plus loin. Entre juin 2021 et décembre 2022, six femmes enceintes ont accepté de participer à l'essai CuRe. Vers 25 semaines de grossesse, les chirurgiens ont non seulement réparé la lésion, mais aussi posé un "patch" de cellules souches issues de placentas donnés.
Des résultats qui forcent l'admiration
Tous les bébés sont nés en bonne santé, sans infection ni complication. Plus remarquable encore : aucun n'a développé d'hydrocéphalie nécessitant une dérivation avant la sortie de maternité. L'hernie cérébrale, fréquente dans cette pathologie, était corrigée chez les six nourrissons.
L'histoire du petit Tobi illustre parfaitement cette révolution médicale. Diagnostiqué à 20 semaines, opéré avec cette technique innovante, il marche aujourd'hui sans fauteuil roulant. "Les capacités physiques et mentales de Tobi sont tout simplement miraculeuses", témoigne sa mère Michelle Johnson.
Une avancée qui honore l'excellence médicale
"Injecter des cellules souches dans un fœtus en développement était une pratique totalement inédite", explique Diana Farmer. Cette prouesse technique ouvre des perspectives considérables pour d'autres malformations congénitales.
Certes, la prudence reste de mise. Seuls six patients ont bénéficié de ce traitement, et il faudra attendre le suivi jusqu'à six ans pour valider définitivement cette approche. Une phase complémentaire incluant 35 patientes est prévue.
Cette avancée médicale majeure redonne espoir aux familles et démontre une fois de plus que l'excellence chirurgicale peut repousser les limites de l'impossible. Une leçon d'espoir et de détermination qui honore la médecine moderne.