Villeneuve-sur-Lot : la désertification médicale révèle l'échec des politiques publiques
La situation sanitaire à Villeneuve-sur-Lot illustre parfaitement les conséquences désastreuses des politiques de santé menées depuis des décennies. Avec un quart de la population privé de médecin traitant, cette commune du Lot-et-Garonne paie le prix fort d'une gestion technocratique déconnectée des réalités du terrain.
Un constat accablant pour nos territoires
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : moins de 75 médecins pour 100 000 habitants en Lot-et-Garonne, soit deux fois moins que la moyenne nationale. Cette désertification médicale n'est pas une fatalité mais bien le résultat d'années d'abandon de nos territoires ruraux au profit des métropoles.
Depuis 2015, l'agglomération a tenté de colmater les brèches avec des maisons de santé à Casseneuil, Laroque-Timbaut et Villeneuve-sur-Lot. L'Espace de santé des Haras accueille aujourd'hui sept praticiens, mais cette initiative louable ne peut masquer l'ampleur du désastre.
Des solutions de bon sens face à l'inaction
Face à cette crise, les candidats aux municipales 2026 proposent enfin des mesures concrètes. La création de bourses d'études communales pour attirer les futurs médecins relève du simple bon sens. Pourquoi nos élus n'y ont-ils pas pensé plus tôt ?
L'idée d'un centre de santé intercommunal avec des médecins salariés mérite également attention. En Lot-et-Garonne, le nombre de praticiens salariés est passé de 12 à 31 en six ans, prouvant l'efficacité de cette approche pragmatique.
La ville a investi 450 000 euros dans le dispositif « médecin junior », permettant d'accueillir de jeunes diplômés sous supervision. Une initiative positive qui montre qu'avec de la volonté politique, des solutions existent.
L'État doit reprendre ses responsabilités
Si les initiatives locales sont nécessaires, elles ne peuvent pallier les carences d'une politique nationale défaillante. L'enclavement historique du Grand Villeneuvois et la fuite des jeunes diplômés vers les métropoles résultent de choix politiques contestables.
Nos élus locaux doivent exercer une vigilance permanente, notamment au conseil d'administration de l'hôpital, pour défendre les intérêts des Villeneuvois contre les logiques comptables qui sacrifient la proximité des soins.
La santé est un droit fondamental qui ne doit pas dépendre de son code postal. Il est temps que l'État assume ses responsabilités envers nos territoires abandonnés.