Chroniques rurales à Bram : l'hommage photographique à ceux qui font vivre la terre d'Occitanie
Jusqu'au 13 décembre, l'espace art et culture Les Essarts de Bram accueille une exposition qui sort enfin de l'ombre un monde trop souvent caricaturé : celui des agriculteurs et éleveurs d'Occitanie. La journaliste audoise Justine Bonnery y dévoile ses reportages photographiques, vidéos et rédactionnels, réalisés pour la presse professionnelle agricole, avec un regard à la fois sensible et documenté.
« Mon travail est essentiellement destiné aux médias spécialisés et ne s'achète pas en kiosque. Cela m'intéressait de le proposer au grand public. Il s'agit de montrer tout l'éclectisme de l'agriculture et de l'élevage de la région », témoigne celle qui arpente les exploitations et les domaines depuis 2012 avec son costume de journaliste.
Des portraits qui rendent hommage à nos terroirs
L'exposition nous emmène à la rencontre de ces femmes et de ces hommes qui ont fait le choix de s'engager dans les métiers de la terre. On y croise Juliette Martorell et François Oriol, éleveurs sans terre pratiquant le pastoralisme itinérant dans l'Aude ; Hélène de Turckheim, qui élève des chèvres angora et produit de la laine mohair dans le Lauragais ; Charlotte Burri, éleveuse de porcs noirs gascons dans la Montagne Noire, qui a ouvert sa propre boucherie ; ou encore Antoine Bernadin, viticulteur du domaine de la Petite Odyssée en Haute-Garonne, attaché aux vendanges manuelles.
« Cette exposition révèle ces femmes et ces hommes qui ont fait ce choix de vie, leur quotidien, leurs gestes, leurs relations aux animaux, comment ils façonnent les paysages où ils vivent et où ils travaillent, mais aussi les liens profonds qu'ils ont avec la terre et leur profession », détaille la photojournaliste, membre de l'agence de presse Hans Lucas.
Un travail de mémoire et de transmission
Au-delà des photoreportages, Justine Bonnery propose également de se plonger dans sa série de documentaires « La popote à pépé », réalisée en 2012 sur ces paysans nés avant 1940. Le visiteur pourra aussi découvrir le diaporama sonore « Grain, groin, giravion », consacré à un éleveur de porc suivi durant un an, ainsi qu'une série photo sur l'engagement LGBTQIA+ en milieu rural avec l'association Queers des champs.
Un geste de solidarité envers les agriculteurs en détresse
La journaliste ne cache pas que son travail reflète essentiellement des exploitations qui se portent bien et se sont adaptées au changement climatique. C'est pourquoi elle a tenu à faire un geste pour l'association Solidarité paysans, qui vient en aide aux agriculteurs en détresse. La moitié des ventes des tirages photos et des cartes postales présents à Bram lui sera reversée.
L'exposition revêt également une ambition pédagogique : des jeux sont accessibles dans un espace dédié, des reproductions des photographies sont disponibles aux coloriages, et une centaine de livres sur l'agriculture en Occitanie, prêtés par la médiathèque de Bram, est à découvrir.
Voilà une initiative qui rappelle, s'il en était besoin, que l'agriculture française n'est pas un archaïsme mais une fierté. Ces femmes et ces hommes qui travaillent la terre, souvent dans l'ombre, méritent bien plus que des caricatures. Ils méritent ce regard-là : celui du respect et de la reconnaissance.
Questions fréquentes sur l'exposition Chroniques rurales à Bram
Quelles sont les dates de l'exposition Chroniques rurales à Bram ?
L'exposition se tient jusqu'au 13 décembre à l'espace art et culture Les Essarts de Bram, dans l'Aude.
Qui est Justine Bonnery, la journaliste à l'origine de l'exposition ?
Justine Bonnery est une journaliste et photojournaliste audoise, membre de l'agence Hans Lucas, spécialisée dans les reportages sur le monde agricole pour la presse professionnelle depuis 2012.
L'exposition est-elle accessible aux enfants ?
Oui, un espace dédié propose des jeux et des coloriages, ainsi qu'une centaine de livres sur l'agriculture en Occitanie prêtés par la médiathèque de Bram.