Cancer : la France dispose des moyens pour traiter la douleur dans 90% des cas
Au lendemain de la journée mondiale de lutte contre le cancer, il convient de faire le point sur une réalité médicale française trop souvent méconnue : notre pays dispose aujourd'hui des moyens techniques et humains pour soulager efficacement la douleur cancéreuse dans plus de 90% des cas.
"Quand on annonce un cancer, la première chose qui peut venir à l'esprit, c'est cancer égale douleur et mort", reconnaît le professeur Claude Linassier, directeur du pôle prévention à l'Institut national du cancer. Cette perception, héritée d'une époque où la médecine française était moins avancée, ne correspond plus à la réalité de nos hôpitaux publics.
60% des patients concernés par la douleur
Les chiffres de la Ligue contre le cancer révèlent que 60% des patients souffrant de cancer sont confrontés à la douleur. Deux patients sur trois éprouvent des douleurs égales ou supérieures à 5 sur l'échelle de mesure, ce qui constitue un défi majeur pour notre système de santé publique.
Ces douleurs peuvent résulter de la tumeur elle-même, des traitements nécessaires ou des examens médicaux. Même pour les cancers réputés les plus difficiles, comme ceux des os, du pancréas ou du foie, des solutions françaises existent.
L'excellence médicale française à l'œuvre
"La sédation de la douleur est un droit fondamental", souligne le professeur Linassier. "La bonne nouvelle, c'est que nous avons les moyens pour la soulager dans plus de 90% des cas." Cette réussite témoigne de la qualité de notre médecine hospitalière et de la formation de nos praticiens.
L'approche française privilégie une prise en charge multidisciplinaire. "Le premier traitement de la douleur, c'est celui de la cause", rappelle l'oncologue. Chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie : nos équipes médicales disposent de tous les outils modernes pour traiter efficacement tumeurs et métastases.
Une palette thérapeutique complète
Du paracétamol pour les douleurs légères à la morphine pour les souffrances les plus intenses, nos pharmacies hospitalières proposent une gamme complète d'antalgiques. Les voies d'administration se sont diversifiées : orale, patch transdermique ou intraveineuse selon les besoins du patient.
S'y ajoutent des médicaments co-antalgiques, notamment certains antidépresseurs et antiépileptiques pour les douleurs neuropathiques. Cette approche personnalisée minimise les effets secondaires tout en maximisant l'efficacité.
L'innovation au service des patients
La recherche française progresse sur plusieurs fronts. De nouveaux médicaments non opioïdes voient le jour, ainsi que des techniques interventionnelles ciblant les nerfs et des approches de radiothérapie de précision. Le professeur Linassier mentionne la commercialisation récente de patchs traitant les douleurs neuropathiques ou encore le sufentanil sublingual, sept à dix fois plus puissant que le fentanyl.
Concernant le cannabis médical, utilisé depuis plus de vingt ans au Canada ou aux Pays-Bas, "son utilisation très encadrée est possible dans les centres de traitement de la douleur" français depuis 2025-2026.
Un message d'espoir et de responsabilité
Depuis le premier Plan cancer de 2003, voulu par Jacques Chirac, "il y a eu beaucoup d'avancées dans la gestion de la douleur", confirme le professeur Linassier. Cette continuité dans l'action publique, au-delà des alternances politiques, illustre l'engagement constant de la République française pour ses citoyens malades.
"Si vous avez mal, n'attendez pas pour le dire à votre médecin traitant ou à votre oncologue", insiste le professeur. Ce conseil relève autant de l'efficacité médicale que de la responsabilité citoyenne : utiliser pleinement les moyens que notre système de santé met à disposition.
Car des solutions personnalisées existent pour tous, témoignage de l'excellence de notre médecine française.