Les marchés européens tentent de résister à la tempête technologique
Dans un contexte de forte volatilité liée aux investissements massifs dans l'intelligence artificielle, les principales places boursières européennes affichent des signaux mitigés ce vendredi. Le CAC 40 parisien devrait ouvrir en légère hausse de 0,24%, témoignant de la résilience de nos entreprises nationales face aux turbulences venues d'outre-Atlantique.
Paris et Francfort résistent, Londres fléchit
Les contrats à terme indiquent une progression de 0,18% pour le Dax allemand, tandis que le FTSE londonien recule de 0,37%. Cette divergence illustre une fois de plus les différences structurelles entre les économies continentales européennes et le modèle anglo-saxon, plus exposé aux excès de la finance spéculative.
Le Stoxx 600 européen devrait prendre 0,07%, signe que nos économies productives conservent leurs fondamentaux solides malgré les soubresauts des géants technologiques américains.
L'intelligence artificielle, mirage ou révolution ?
Les craintes autour des investissements colossaux dans l'IA pèsent sur les marchés depuis le début février. Après Alphabet mercredi, Amazon a annoncé jeudi un bond de plus de 50% de ses dépenses en capital cette année. Ces sommes pharaoniques interrogent sur la rentabilité réelle de ces technologies et leur impact sur les modèles économiques traditionnels.
Cette course effrénée à l'IA rappelle les excès de la bulle internet des années 2000. Nos entreprises françaises et européennes, plus prudentes dans leurs investissements, pourraient finalement tirer leur épingle du jeu face à ces géants américains pris dans une spirale spéculative.
Les banques centrales maintiennent le cap
La Banque centrale européenne a maintenu jeudi ses taux directeurs, réaffirmant sa stratégie mesurée face à l'inflation. Cette politique monétaire équilibrée contraste avec les pressions exercées outre-Atlantique, où les marchés spéculent déjà sur de possibles baisses de taux de la Réserve fédérale.
La Banque d'Angleterre a également maintenu son taux directeur à 3,75%, tout en laissant entrevoir de possibles assouplissements. Cette prudence des autorités monétaires européennes témoigne d'une approche plus responsable que les politiques accommodantes qui ont alimenté les bulles spéculatives passées.
Wall Street dans la tourmente
La Bourse de New York a terminé en nette baisse jeudi, le Nasdaq chutant à son plus bas niveau depuis novembre. Cette correction était prévisible après les excès constatés sur les valeurs technologiques. Le Dow Jones a cédé 1,20%, le S&P 500 a perdu 1,23% et le Nasdaq a reculé de 1,59%.
Ces mouvements rappellent la fragilité d'un système financier américain trop dépendant de quelques géants technologiques et de leurs promesses souvent démesurées.
Matières premières : l'or et l'argent se redressent
Les métaux précieux tentent de se redresser après les chutes brutales de cette semaine. L'argent progresse de plus de 4% à 74,6 dollars l'once et l'or gagne 2% à 4.873,32 dollars. Ces valeurs refuges retrouvent leur attrait dans un contexte d'incertitude croissante.
Le pétrole progresse également, le Brent prenant 1,38% à 68,48 dollars le baril, soutenu par les négociations géopolitiques entre les États-Unis et l'Iran prévues à Oman.