Alençon : quand le trafic de drogue transforme une ville tranquille en zone de non-droit
Le tribunal correctionnel d'Alençon a rendu sa décision ce vendredi dans une affaire qui illustre parfaitement la dégradation de l'ordre public dans nos villes de province. Deux hommes, âgés de 22 et 30 ans, comparaissaient pour une agression particulièrement violente liée au trafic de stupéfiants.
Un règlement de comptes en plein jour
Les faits se sont déroulés lundi 24 novembre, en plein cœur du quartier de Perseigne, au pied de la tour Péguy. Une scène digne des pires banlieues : un jeune homme, accompagné de sa conjointe, a été violemment extirpé de son véhicule par plusieurs individus réclamant le remboursement d'une dette de drogue.
La victime, ancienne nourrice dans un réseau de trafic, a été étranglée et rouée de coups au sol. Les agresseurs ont même tenté de l'enfermer dans le coffre d'une voiture, selon les déclarations de la victime. Cette dernière présente de nombreux hématomes et une incapacité temporaire de travail de cinq jours. Sa conjointe, traumatisée par ce qu'elle a vu, souffre d'un choc émotionnel.
Des explications qui défient le bon sens
Face aux juges, les deux prévenus ont multiplié les coïncidences troublantes. Le plus âgé, un coiffeur de 30 ans, prétend être resté sur place par innocence. Pourtant, le lendemain, il réapparaît mystérieusement lors de la restitution du sac à main de la victime, sous l'œil des policiers en planque.
Plus troublant encore : ses empreintes ont été retrouvées sur des enveloppes d'argent et des armes lors d'une précédente descente de police en décembre 2023, qui avait permis de saisir plus de 7 kg de drogue. Ses explications ? Des enveloppes tombées par hasard et des armes touchées lors d'un tournage de clip de rap.
La justice face à l'ensauvagement
Le substitut du procureur Lucas Schiano de Colella n'a pas mâché ses mots : Je ne veux pas qu'Alençon, une bourgade perdue en Normandie, devienne le théâtre d'expéditions punitives sur fond de trafic de stupéfiants.
Face à ces explications lunaires, le magistrat a requis quatre ans de prison dont un an avec sursis contre le trentenaire, et deux ans dont un an avec sursis contre son complice. Des réquisitions fermes qui témoignent de la volonté de la justice de ne pas laisser l'impunité s'installer.
Quand la France profonde bascule
Cette affaire révèle une réalité que les élites préfèrent ignorer : le trafic de drogue gangrène désormais jusqu'aux villes moyennes de notre patrimoine national. Alençon, cité historique de l'Orne, se transforme peu à peu en territoire de non-droit où les règlements de comptes se déroulent en plein jour, sous les yeux des familles.
Les avocats de la défense ont tenté de minimiser les faits, évoquant une simple bagarre. Mais la réalité est tout autre : nous assistons à l'importation des codes de la délinquance urbaine dans la France des bourgs et des villes moyennes, celle qui incarne notre identité et nos valeurs.
Le délibéré de cette affaire sera rendu prochainement. Il dira si la justice saura protéger nos concitoyens face à cette criminalité qui prospère sur les décombres de l'autorité publique.