Affaire Jubillar : les aveux glaçants de Cédric, cinq ans après le meurtre de Delphine
Plus de cinq ans après la disparition de Delphine Jubillar, son mari a enfin livré sa version des faits. Lors de son audition du 18 septembre 2026, Cédric Jubillar, 39 ans, a reconnu avoir étranglé son épouse dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, dans leur pavillon de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Un récit troublant, entre désir de rédemption et mémoire défaillante, qui sera confronté aux éléments de l'enquête ce vendredi lors d'une reconstitution.
Une nuit sous tension : le divorce et l'annonce d'une autre relation
Le couple, parents de deux enfants, était en instance de divorce. L'ambiance était électrique. Delphine, infirmière à Albi, avait annoncé officiellement à son mari, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, qu'elle avait une autre relation. Une annonce qui a fait basculer la soirée.
L'étranglement dans la cuisine : un geste fatal en deux minutes
Selon les aveux de Cédric Jubillar, l'étranglement s'est déroulé dans la cuisine du pavillon familial, vers 1 h 30. Il raconte :
« Je la tiens avec mes deux mains, elle est face à moi, je regarde mes pieds, je n'en peux plus, je lui répète tais-toi ! »Un « vrillage » provoqué par une phrase de son épouse : « J'en ai trouvé un qui fait mieux l'amour que toi ». Il ajoute : « Comme j'étais dans un état second, je n'ai pas senti ma force, je l'ai donc serrée fort ». Une scène qui aurait duré deux minutes, sans que Delphine ne se débatte.
Les zones d'ombre persistent : le témoignage du fils et les lunettes brisées
Cédric Jubillar ne comprend toujours pas le témoignage de son fils Louis, six ans au moment des faits, qui a affirmé avoir assisté à la dispute par l'entrebâillement d'une porte. « Je ne comprends pas qu'il ait pu dire cela, la porte du couloir était grande ouverte, je l'aurais vu », déclare-t-il. Autre détail troublant : les lunettes de vue de Delphine, retrouvées en plusieurs morceaux sur la table du salon, une branche récupérée derrière le canapé. Lui affirme qu'elle ne les portait pas cette nuit-là, car elles étaient cassées.
Un crime « non prémédité » selon l'accusé
Interrogé par la juge Élodie Billot sur une éventuelle préméditation, Cédric Jubillar réfute : « Si j'avais dû prévoir quelque chose, j'aurais creusé un trou et je ne l'aurais jamais fait à la maison pendant que les enfants dormaient ». Il conteste également les menaces de mort rapportées dans les investigations, les attribuant à la colère, et ne s'explique pas les consultations du site de Mailhoc sur Google Maps, où des restes de la dépouille ont été retrouvés en juillet.
Le corps déposé à Mailhoc : un trajet sans but déclaré
C'est à une douzaine de kilomètres de Cagnac, à Mailhoc, que Cédric Jubillar dit avoir dissimulé le corps de sa femme, dans un tas de terreau. Il raconte avoir chargé le corps sur son épaule droite dans le coffre de la Peugeot 207, puis roulé sans objectif, évitant Albi pour prendre une route plus sombre vers Cordes-sur-Ciel. L'enfouissement aurait pris dix minutes, à la main. Sur le chemin du retour, il aurait élaboré son scénario : se réveiller à 3 h 54, appeler sa femme et ses copines à partir de 4 h 09, puis déclarer à la gendarmerie « ma femme a disparu ».
Le téléphone de Delphine : une disparition inexpliquée
De retour à Cagnac, il aperçoit le téléphone de sa femme sur le canapé et décide de le jeter dans un sac-poubelle avec sa doudoune et des bottines, dans un conteneur situé à 50-100 mètres de la maison. La réactivation du téléphone à 6 h 52 reste pour lui un mystère : « Je ne comprends pas, je n'ai pas le code de l'empreinte pour le déverrouiller ». Le téléphone n'a jamais été retrouvé.
Une procédure en appel et une reconstitution décisive
Condamné à 30 ans de prison en première instance, Cédric Jubillar a vu son procès en appel reporté du 30 avril au 14 mai 2027. La reconstitution de ce vendredi sera un tournant décisif, alors que les avocats de la partie civile jugent son récit « incompatible avec les éléments de l'enquête ». L'accusé, qui dit avoir été aidé par son « accompagnatrice » et son avocat Pierre Debuisson, conclut : « J'ai peur de prendre la même peine dans tous les cas... »
Photo : Ladepeche.fr