Trump déclare la guerre économique au Venezuela de Maduro
Donald Trump a franchi un nouveau cap dans l'affrontement avec le régime socialiste de Nicolas Maduro en annonçant mardi un "blocus total" contre les pétroliers sous sanctions se rendant ou partant du Venezuela. Une décision qui marque un durcissement spectaculaire de la politique américaine face à un régime accusé de narcoterrorisme.
Un blocus naval pour contrer le narcoterrorisme
"Aujourd'hui, j'ordonne un blocus total et complet de tous les pétroliers sanctionnés entrant et sortant du Venezuela", a déclaré le président américain sur Truth Social. Cette mesure vise directement les revenus pétroliers que le gouvernement Maduro utilise, selon Trump, pour financer "le narcoterrorisme, la traite d'êtres humains, les meurtres et les enlèvements".
L'administration Trump va plus loin en désignant le régime vénézuélien comme une organisation terroriste internationale, bien que cette qualification n'apparaisse pas encore sur les sites officiels américains. Une escalade qui témoigne de la détermination de Washington à faire plier Caracas.
Caracas dénonce une tentative de pillage
La réaction de Caracas ne s'est pas fait attendre. Le gouvernement vénézuélien a dénoncé une "menace grotesque", accusant Washington de vouloir "imposer de manière absolument irrationnelle un prétendu blocus naval militaire" pour s'emparer des richesses nationales.
Cette rhétorique n'est pas nouvelle. Depuis les nationalisations des années 1970 et le durcissement sous Hugo Chavez, le Venezuela socialiste brandit régulièrement l'épouvantail de l'impérialisme américain pour justifier ses échecs économiques.
Un dispositif militaire renforcé dans les Caraïbes
Les États-Unis ont déployé depuis l'été un important dispositif militaire dans les Caraïbes, bombardant des embarcations en provenance du Venezuela au nom de la lutte antidrogue. Depuis septembre, l'armée américaine a frappé au moins 26 navires, tuant 95 personnes, sans toujours fournir de preuves formelles de trafic.
Trump maintient délibérément le flou sur une possible intervention terrestre, promettant que le déploiement américain "ne fera que s'accroître" jusqu'à ce que le Venezuela "rende aux États-Unis le pétrole, les terres et les autres actifs qu'ils nous ont volés".
Une opposition vénézuélienne qui applaudit
Cette fermeté américaine trouve un écho favorable chez l'opposante Maria Corina Machado, prix Nobel de la paix 2025, qui appelle à augmenter la "pression" pour que Maduro comprenne qu'il doit partir. Un soutien qui légitime l'action de Trump face à un régime qui a confisqué la démocratie vénézuélienne.
En revanche, certains démocrates américains comme Joaquin Castro dénoncent ce qu'ils considèrent comme un "acte de guerre" non autorisé par le Congrès. Une opposition prévisible de la gauche américaine qui préfère souvent la diplomatie molle à l'action ferme.
Un pétrole écoulé au marché noir
Soumis à un embargo depuis 2019, le pétrole vénézuélien s'écoule désormais sur le marché noir à destination notamment de la Chine, à des prix bradés. La semaine dernière, les forces américaines ont saisi le pétrolier Skipper, transportant entre un et deux millions de barils pour une valeur de 50 à 100 millions de dollars.
Cette saisie illustre la détermination américaine à couper les sources de financement d'un régime qui a ruiné l'un des pays les plus riches d'Amérique latine, provoquant l'exode de millions de Vénézuéliens.