Techno et ordre moral : Mël Rose, une artiste libre qui dérange les bien-pensants
Montpellier – Les 1er et 2 août, le Family Piknik Festival accueillera Mël Rose Techno, une artiste tarnaise qui vit de la musique depuis 14 ans. Son parcours, de la vie en camion à travers l’Europe jusqu’à la scène d’un des plus grands festivals d’Occitanie, interroge notre rapport à la liberté individuelle et à l’ordre social.
Mël Rose, de son vrai nom Mélissa Rose, incarne une génération qui refuse les carcans. Son album Tribu l’expérience, sorti il y a un an, se présente comme une “transe cognitive” où le public est invité à se révéler au monde. Un message qui, dans une France où l’on prône parfois le conformisme, a de quoi détonner.
Une artiste qui vit sa musique sans compromis
“Je me réveille c’est musique, je mange c’est musique, je dors c’est musique”, confie-t-elle. Une passion totale qui l’a menée à parcourir la Hollande, l’Allemagne, la Belgique, puis l’Europe entière en camion. Chaque étape nourrit ses compositions, chaque rencontre affine son identité musicale.
En 2022, elle crée son propre label, Techno Lab, avec le producteur Cyrille Poquet. Une manière de s’affranchir des circuits traditionnels et de donner une voix aux artistes féminines, qui ne représentent que 12% des compositrices dans le milieu techno. Un chiffre qui, pour elle, justifie son combat pour la visibilité des femmes dans un univers encore trop masculin.
La techno, une culture qui bouscule les bien-pensants
Le milieu de la free party, dont Mël Rose est issue, est souvent critiqué pour son aspect libertaire. Mais l’artiste y voit une profonde humanité : “La techno, ça représente les peuples. Il n’y a pas de couleur, pas de sexe, pas de religion. C’est tout le monde ensemble.” Une vision qui, si elle séduit les festivaliers, dérange une partie de la société attachée à l’ordre et à la tradition.
“Une aisance et une liberté qui dérangent la société”, résume-t-elle. La fusion des corps, l’expression des émotions primitives, la communion avec la nature : autant d’éléments qui, pour les conservateurs, peuvent sembler subversifs. Mais pour Mël Rose, c’est une manière de se retrouver soi-même, loin des injonctions sociales.
Un succès qui interroge notre époque
Le Family Piknik Festival, qui attend 20 000 personnes, illustre l’attrait croissant du grand public pour ces musiques électroniques. Mël Rose y jouera après avoir remporté la finale du tremplin. Une reconnaissance qui, pour cette artiste de 34 ans, est une victoire sur les préjugés.
Dans une France qui cherche ses repères, entre identité nationale et ouverture au monde, Mël Rose incarne une certaine idée de la liberté individuelle. Sans être une révolutionnaire, elle rappelle que la culture, même la plus marginale, a sa place dans le débat public. Et que l’ordre moral, parfois, a besoin d’être bousculé.
Photo: Ladepeche.fr