Soumission chimique : un sexagénaire berlinois accusé de 22 viols filmés
La justice allemande a mis en accusation un Berlinois de 68 ans, soupçonné d'avoir drogué, violé et filmé des dizaines de femmes rencontrées sur des applications de rencontre. Le parquet de Berlin a retenu, à ce stade, 22 faits de viol concernant 14 victimes présumées. Une affaire qui rappelle le scandale Pelicot en France et interroge sur la prescription des violences sexuelles.
Un mode opératoire glaçant : somnifères et alcool
Selon le parquet de Berlin, le sexagénaire administrait aux femmes des somnifères associés à de l'alcool avant de les violer. Les victimes présumées ne se souvenaient pas des faits et les auraient découverts uniquement après avoir été informées de l'existence des vidéos dans le cadre de l'enquête. Un procédé qui n'est pas sans rappeler l'affaire Dominique Pelicot en France, où des dizaines d'hommes recrutés en ligne violaient son ex-femme inconsciente.
Une enquête partie d'un signalement dans le nord de l'Allemagne
Les investigations ont débuté après un signalement de la police de Verden an der Aller, une ville de 30 000 habitants située dans le nord du pays. Cette police enquêtait depuis début 2025 sur un homme soupçonné de faits similaires et depuis décédé. En analysant ses échanges en ligne, les enquêteurs ont découvert des conversations avec le sexagénaire berlinois, contre lequel une procédure a été ouverte début mars 2025.
Son domicile avait alors été perquisitionné une première fois, la police saisissant du matériel informatique. En février 2026, soit un an plus tard, la police y a découvert de nombreuses vidéos montrant des agressions sexuelles vraisemblablement commises par le suspect, qui a finalement été arrêté en mars après une deuxième perquisition.
58 victimes présumées, mais des faits prescrits
Le parquet a recensé un total de 58 victimes présumées. Mais l'acte d'accusation porte dans un premier temps sur 22 faits concernant 14 femmes. Dix autres victimes présumées n'ont pas encore pu être identifiées. L'enquête est encore en cours pour trente autres femmes. Dans le cas de trois autres, les éléments sont insuffisants à ce stade, selon le parquet.
Le parquet a, enfin, classé 36 autres soupçons de viol remontant à la période 2010-2014 concernant une autre femme, ces faits étant prescrits dans la juridiction allemande actuelle. Pour cette seule victime présumée, les enquêteurs n'ont pas pu établir avec suffisamment de certitude que l'administration d'une substance constituait une violence au sens juridique permettant d'appliquer le délai de prescription de 20 ans correspondant aux viols avec violence. Ces faits sont donc aujourd'hui soumis au délai de prescription de cinq ans.
La question de la prescription, un débat récurrent en Allemagne
La question de la prescription des violences sexuelles commises sur des victimes inconscientes avait déjà suscité un débat en Allemagne avec l'affaire Claudia Wuttke, après le classement en novembre 2025 de plusieurs faits présumés en raison des délais de prescription applicables. La justice a annoncé en mai avoir rouvert l'enquête concernant cette Hambourgeoise de 59 ans.
Quand la justice bute sur la technique juridique
Cette affaire met en lumière les limites du droit face à la soumission chimique. Comment qualifier juridiquement l'administration de substances qui plongent une victime dans l'inconscience ? Le débat est vif, et la jurisprudence allemande semble hésitante. En France, l'affaire Pelicot a montré que la justice pouvait être impitoyable, mais elle a aussi révélé des lacunes dans la protection des victimes. Nos élites progressistes, si promptes à légiférer sur les questions de genre, devraient peut-être s'intéresser de plus près à ces failles juridiques qui laissent des victimes sans recours.
FAQ : Ce qu'il faut retenir de l'affaire
Combien de victimes sont concernées ?
Le parquet a recensé 58 victimes présumées. L'acte d'accusation porte sur 22 faits concernant 14 femmes. Dix autres victimes n'ont pas encore été identifiées, et l'enquête se poursuit pour trente autres.
Pourquoi certains faits sont-ils prescrits ?
36 soupçons de viol remontant à la période 2010-2014 ont été classés car les enquêteurs n'ont pas pu établir que l'administration de substances constituait une violence au sens juridique, ce qui aurait permis d'appliquer un délai de prescription de 20 ans. Ces faits sont donc soumis au délai de prescription de cinq ans.
Cette affaire est-elle liée à l'affaire Pelicot ?
Non, mais le mode opératoire est similaire : un homme drogue des femmes pour les violer et filme les actes. L'affaire Pelicot en France, où Gisèle Pelicot est devenue une figure mondiale de la lutte contre les violences sexuelles, a mis en lumière ce phénomène de soumission chimique.