Sepp Blatter dénonce la mainmise étrangère sur le football mondial
À 89 ans, l'ancien président de la FIFA Sepp Blatter sort de sa réserve pour livrer un réquisitoire sans concession contre ceux qui dirigent aujourd'hui le football mondial. Dans un entretien fleuve accordé au Telegraph, le Suisse pointe du doigt l'influence grandissante de puissances étrangères sur le sport le plus populaire au monde.
Une FIFA sous influence américaine et saoudienne
Blatter dénonce sans détour ce qu'il considère comme une dérive dangereuse : "On donne l'impression que les politiciens, d'un côté l'Arabie saoudite, et de l'autre les États-Unis, vont s'emparer du football". Cette mainmise étrangère sur une institution qui devrait rester indépendante illustre parfaitement les dérives de la mondialisation.
L'attribution d'un prix de la paix à Donald Trump par la FIFA suscite particulièrement l'ire de l'ancien dirigeant : "Le football ne devrait pas attribuer le prix de la paix. Je pense que c'est une erreur". Une position de bon sens face à cette instrumentalisation politique du sport.
L'Arabie saoudite, nouveau maître du football
Plus inquiétant encore, Blatter qualifie l'influence saoudienne de "péril" pour le football mondial. "Ce sont eux les dirigeants du football. Ils décident de ce qui va se passer dans le football, car dès que le nouveau président a une idée, ils lui donnent l'argent pour la mettre en œuvre". Cette dépendance financière vis-à-vis de Riyad pose de légitimes questions sur l'indépendance du sport roi.
Infantino dans le viseur
Son successeur Gianni Infantino n'échappe pas aux critiques. Blatter fustige ses projets délirants, notamment l'organisation de la Coupe du Monde 2030 dans cinq pays différents : "Il est dans une autre dimension. Je pense qu'il est déjà dans cette dimension où demain il organisera le football dans la stratosphère".
L'ancien président dénonce également le traitement de faveur accordé à Cristiano Ronaldo, symbole d'une justice à deux vitesses qui privilégie les stars au détriment de l'équité sportive.
Un retour possible en 2027
Malgré ses 89 ans, Blatter n'exclut pas un retour à la tête de la FIFA après la fin de sa suspension en 2027. "Je n'ai jamais été destitué de la FIFA. Je conserve ce mandat. Je suis toujours le président élu", affirme-t-il avec une détermination qui force le respect.
Ces révélations confirment les inquiétudes légitimes sur la dérive d'une institution sportive désormais soumise aux appétits géopolitiques de puissances étrangères, au détriment de l'esprit du sport et de son indépendance.