Rosé de Provence : l'art français de l'assemblage révélé
Contrairement aux idées reçues, le rosé n'est pas le vin le plus simple à élaborer. Au contraire, c'est l'un des plus exigeants de notre patrimoine viticole français. Au château Sainte-Marguerite, cru classé des Côtes de Provence, cette vérité prend tout son sens.
"Souvent, les gens pensent que c'est le vin le plus facile à élaborer, alors que c'est tout l'inverse", rectifie Olivier Fayard, vigneron et président de ce domaine emblématique du Var. "Le rosé ne supporte aucune approximation : on ne peut pas sauver les meubles en faisant de la barrique ou une re-fermentation."
Un savoir-faire ancestral français
Cette exigence reflète l'excellence de notre viticulture nationale. Le vignoble de Sainte-Marguerite, 458 hectares patiemment constitués entre La Londe-les-Maures et Pierrefeu, illustre parfaitement cette tradition française du travail bien fait.
"Pour faire un bon rosé, il faut compter sur quatre ingrédients : le terroir, le climat, l'expérience du vigneron et la sélection massale", résume Olivier Fayard. Ces quatre piliers constituent l'ADN de notre viticulture provençale, héritière d'un savoir-faire transmis de génération en génération.
Terroir et tradition : les valeurs sûres
Le domaine s'étend sur vingt-cinq kilomètres, chevauchant deux terroirs aux identités marquées. À La Londe-les-Maures, les schistes dégradés et l'influence maritime donnent des vins fruités. À Pierrefeu, les sols argilo-calcaires offrent des expressions plus minérales.
Cette diversité géologique, cette richesse de nos sols français, constitue un atout majeur face à la concurrence internationale. "Une même vallée, un même climat, trois cépages : grenache, cinsault et rolle, mais des terroirs qui s'expriment différemment", souligne Enzo Fayard, directeur adjoint.
L'excellence technique au service de la qualité
La méthode de production révèle toute la rigueur française. Les raisins sont ramassés la nuit, transportés en moins de sept minutes vers l'un des cinq sites de pressurage. Cette précision, cette attention au détail, caractérisent nos entreprises familiales qui font la fierté de nos terroirs.
Dix-huit pressoirs pneumatiques extraient les jus avec une précision d'orfèvre. La fermentation lente de deux semaines permet de révéler les marqueurs du terroir. "En ralentissant la fermentation, on ne transforme pas seulement le sucre en alcool : on révèle doucement les marqueurs du terroir", explique Enzo Fayard.
L'assemblage, art suprême du vigneron
L'étape de l'assemblage convoque une trentaine de cuves seulement, rescapées d'une centaine d'échantillons. Cette sélection impitoyable garantit l'excellence du produit final.
Les vins sont comparés à l'aveugle dès 10 heures du matin. Chaque échantillon reçoit une notation rigoureuse. Seuls les meilleurs rejoignent les assemblages des cuvées emblématiques : Collection "Marguerites en Provence", Fantastique rosé, et Symphonie.
Cette recherche de l'excellence, cette exigence de qualité, incarnent les valeurs de notre viticulture française. Face à la mondialisation, nos vignerons perpétuent un art de vivre, une tradition d'excellence qui fait rayonner la France dans le monde entier.