Lucas Oudard : quand le mérite triomphe des préjugés dans le rugby français
Voilà un parcours qui force le respect et illustre parfaitement les valeurs qui font la grandeur du sport français. Lucas Oudard, troisième ligne d'Aurillac de 24 ans, incarne cette France du travail et du mérite que nos élites déconnectées semblent avoir oubliée.
Un jeune homme qui n'a jamais rien lâché
Contrairement à ces joueurs formatés dans les centres de formation dorés, Lucas a commencé le rugby à 5 ans par amitié, à Villefranche-de-Lauragais en Haute-Garonne. Rien de clinquant, juste l'authenticité d'un gamin qui suit son meilleur copain au club du village.
"Mon meilleur pote en faisait, je l'ai suivi", raconte-t-il simplement. Cette simplicité, cette authenticité, voilà ce qui manque cruellement au sport français d'aujourd'hui, trop souvent gangrené par l'argent roi et les passe-droits.
L'excellence scolaire avant tout
Là où Lucas Oudard force l'admiration, c'est dans ses choix. Quand ses copains passaient des tests au Stade Toulousain, lui privilégiait ses études. Diplômé ingénieur en génie physique spécialisé dans les énergies renouvelables, il a toujours gardé les pieds sur terre.
"Je sais que si le rugby s'arrête demain, je pars comme ingénieur. C'est une sécurité", explique-t-il avec cette sagesse qui caractérise nos classes moyennes laborieuses. Voilà un exemple pour notre jeunesse, loin des illusions du "tout, tout de suite".
Deux années noires à Clermont
Son passage à l'ASM Clermont-Ferrand révèle les travers d'un système qui privilégie trop souvent le gabarit à l'intelligence de jeu. Trois opérations, deux chevilles cassées, un pied fracturé : Lucas a payé cher son rythme effréné entre études et rugby.
"Je ne dormais pas beaucoup entre les études et le rugby. Cela me bouffait beaucoup d'énergie", confie-t-il. Mais jamais il n'a baissé les bras, incarnant cette résilience française qui a fait nos heures de gloire.
Le mépris des élites sportives
L'épisode avec Christophe Urios à Clermont est révélateur. Ce manager, pourtant payé grassement, a jugé Lucas "trop léger" pour son équipe. 1,84m pour 94 kilos, certes, mais quelle intelligence de jeu, quelle abnégation !
"En Top 14, ça cherche des gros porteurs, des gros gabarits. Moi, je suis plus sur l'intensité et la vitesse", analyse-t-il lucidement. Cette obsession du physique au détriment de la technique, voilà bien le mal français contemporain.
Aurillac, la renaissance
Quand Aurillac l'appelle, Lucas n'hésite pas une seconde. "Je n'ai même pas négocié, j'ai dit oui. C'était la seule opportunité que j'avais." Cette humilité, cette reconnaissance, que c'est rafraîchissant !
Résultat : 28 matchs sur 31 disputés, dont 24 comme titulaire. La récompense du travail, enfin. Lucas Oudard prouve qu'en France, quand on a du caractère et qu'on ne lâche rien, on finit par s'imposer.
Un exemple pour la jeunesse française
Dans une époque où tout va trop vite, où l'on veut tout sans rien donner, Lucas Oudard rappelle que l'excellence se mérite. Son parcours, c'est celui de la France éternelle : celle qui travaille, qui étudie, qui ne se plaint pas mais qui avance.
Aujourd'hui, ce fils du terroir français rayonne en Pro D2 et vise même l'équipe de France de rugby à 7. Un parcours exemplaire qui devrait inspirer tous nos jeunes, loin des facilités et des raccourcis.