France-Maroc : les notes du renseignement qui inquiètent avant le quart de finale
À la veille du quart de finale de la Coupe du monde 2026 entre la France et le Maroc, les services de renseignement tirent la sonnette d'alarme. Des notes policières consultées par BFMTV et Le Parisien révèlent des craintes sérieuses de troubles à l'ordre public, en particulier en cas de victoire du Maroc. Une situation qui rappelle les incidents de 2022 et de la dernière Coupe d'Afrique des Nations.
Pourquoi ce match est-il considéré comme un risque particulier ?
Le quart de finale de jeudi, programmé à 22 heures, a été identifié comme présentant un risque accru. Selon la note du renseignement territorial, ce match éliminatoire suscite une ferveur particulière, notamment chez les supporters marocains, dont l'équipe est la dernière représentante africaine en lice. Les autorités redoutent des regroupements sur la voie publique, accompagnés de l'usage de mortiers et de feux d'artifice, quel que soit le résultat.
Quels sont les précédents qui inquiètent les autorités ?
Les notes s'appuient sur des précédents récents. En 2022, la demi-finale perdue par la France contre l'Argentine avait provoqué des incidents dans une quarantaine de communes. Mais surtout, la victoire du Maroc sur la France en demi-finale de cette même Coupe du monde avait entraîné des troubles majeurs : jets de projectiles, incendies de poubelles, érections de barricades et dégradations de mobilier urbain. Plus d'une centaine d'interpellations avaient été nécessaires.
Plus récemment, la Coupe d'Afrique des Nations 2025-2026, remportée par le Maroc, a été marquée par des rassemblements festifs ayant dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre dans plusieurs villes, comme Mulhouse, Argenteuil, Montpellier ou Lyon. L'usage quasi systématique de mortiers d'artifices a été relevé.
Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans ces tensions ?
Le renseignement pointe également le rôle des réseaux sociaux, où des publications prédisent le chaos. Des vidéos montrant des profanations de symboles nationaux, comme un drapeau marocain brûlé à Aubervilliers, circulent. Certaines pages Facebook évoquent même des rumeurs selon lesquelles des Algériens se feraient passer pour des supporters marocains pour commettre des exactions. Le renseignement qualifie ces publications de complotistes.
Quelles mesures le ministre de l'Intérieur a-t-il ordonnées ?
Dans un télégramme adressé le 1er juillet à tous les préfets, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a demandé de mettre en place des mesures pour prévenir, contenir et réprimer tout débordement. Il insiste sur la surveillance de la consommation d'alcool, de l'occupation des voies de circulation et de la délinquance. Le message se conclut par une phrase sans équivoque :
« Aucun débordement ne devra être toléré et appellera une réponse immédiate. »
Quel dispositif est prévu à Paris ?
La préfecture de police de Paris a annoncé un dispositif de sécurisation adapté. La place de l'Étoile sera fermée à la circulation à partir de 22 heures, tandis que les Champs-Élysées resteront ouverts. Un dispositif de lutte contre la délinquance ciblera les transports en commun et les lieux habituels de rassemblement. Les installations du 14 juillet feront également l'objet d'une attention particulière.
Enfin, les forces de l'ordre redoutent des actions de groupes hooligans affiliés à l'ultra-droite, qui pourraient tenter d'en découdre avec des supporters marocains. Un scénario que les autorités entendent prévenir par une vigilance accrue.