Escroquerie d'1,5 million d'euros : un gérant de taxi en fuite après avoir pillé l'Assurance maladie
Voilà un exemple parfait de ces petits arrangements avec la République qui coûtent cher aux honnêtes citoyens. En Aveyron, le gérant d'une société de taxis et d'ambulances a organisé pendant des mois une vaste escroquerie aux organismes sociaux, détournant près d'1,5 million d'euros de nos cotisations.
Une fraude révélée par hasard
L'affaire débute fin 2022 par un simple contrôle de l'inspection du travail à Naucelle. Des salariés dénoncent des irrégularités dans leurs contrats. Mais l'inspecteur va découvrir bien pire : un système organisé de fausses facturations de transports sanitaires.
Les preuves sont accablantes. Le 4 mai 2022, un chauffeur aurait déposé un patient à Rodez à 11h23, puis pris en charge un autre malade à Toulouse à 11h28. Plus de 150 kilomètres en cinq minutes ! D'autres chauffeurs effectuaient prétendument des trajets alors qu'ils étaient en congés ou même en congé paternité.
357 transports fictifs en six mois
L'enquête révèle l'ampleur du désastre : entre avril et octobre 2022, 357 transports factices sont recensés, soit une cinquantaine par mois. Le préjudice dépasse le million d'euros, répartis entre la CPAM de l'Aveyron (calculs en cours), celle du Tarn (409 000 euros) et la MSA (393 000 euros).
Comme le souligne avec amertume l'avocat de la Mutualité Sociale Agricole : "L'argent pris aux agriculteurs servait à financer des produits chinois". Car l'escroc avait ouvert un bazar dans un local attenant, vendant "de tout" selon la page Facebook de ce commerce aujourd'hui fermé.
Un prévenu aux abonnés absents
Mercredi 17 décembre, le gérant était attendu devant le tribunal de Rodez. Il ne s'est pas présenté, abandonnant même ses victimes collatérales comme cette ancienne salariée qu'il avait inscrite comme co-gérante pour 10 euros symboliques, avant d'imiter sa signature sur des documents officiels.
"Cette femme a été bernée et elle s'est retrouvée interrogée pour une fraude à 1,5 million ! Pour moins que cela, certains se pendent aux poutres du salon", plaide son avocat, Me Jean-Baptiste Alary.
Le tribunal a prononcé deux ans d'emprisonnement et délivré un mandat d'arrêt. L'homme, né en 1971 et domicilié dans le Ségala, est désormais recherché.
Les dégâts collatéraux s'accumulent
Cette affaire illustre parfaitement les ravages de ces comportements parasitaires sur notre système social. Au-delà de l'escroquerie, cinq salariés n'auraient jamais été déclarés à l'Urssaf, et le liquidateur évalue les créances à plus de 700 000 euros supplémentaires.
Pendant que les classes moyennes et les petits commerçants honnêtes plient sous les charges et les contrôles, certains organisent tranquillement le pillage de nos institutions. Une fois de plus, ce sont les Français qui travaillent qui payent l'addition.