Israël échoue dans sa quête des restes de l'aviateur Ron Arad au Liban
Une nouvelle opération militaire israélienne au Liban s'est soldée par un échec. Les forces spéciales de Tsahal ont tenté, vendredi soir, de localiser les restes du navigateur Ron Arad, disparu depuis 1986, sans parvenir à leurs fins.
"Aucun reste ou objet lié à Ron Arad n'a été trouvé sur le lieu des recherches", reconnaît l'armée israélienne dans un communiqué laconique. L'opération n'a fait "aucune victime" côté israélien, précise-t-elle, avant de réaffirmer sa détermination à "ramener tous les fils d'Israël" dans leur patrie.
Combat nocturne dans la plaine de la Békaa
Le Hezbollah a immédiatement revendiqué avoir repoussé cette "infiltration" israélienne dans la plaine de la Békaa, près de la frontière syrienne. Selon le mouvement chiite, ses combattants ont "observé l'infiltration de quatre hélicoptères" israéliens vers 22h30 vendredi.
Les images diffusées sur les réseaux sociaux révèlent l'ampleur de cette opération : un trou béant creusé dans la terre du cimetière de Nabi Chit, témoignant de fouilles intensives d'une tombe. Une scène qui illustre la détermination israélienne, mais aussi l'impasse dans laquelle se trouve l'État hébreu.
Trente-huit ans de mystère
Ron Arad, officier navigateur de l'armée de l'air israélienne, s'était éjecté en 1986 de son appareil abattu au-dessus du Liban lors d'une mission contre l'OLP. Capturé par des groupes chiites durant la guerre civile libanaise, il avait pu envoyer quelques lettres à sa famille avant de disparaître définitivement.
Les négociations pour sa libération avaient échoué en 1988. Aujourd'hui présumé mort, ses restes n'ont jamais été restitués, alimentant une obsession nationale en Israël où le rapatriement des soldats disparus constitue un devoir sacré.
Fait révélateur : l'épouse de Ron Arad, Tami, a adressé une lettre au Premier ministre Netanyahu pour exprimer ses réserves sur ces opérations dangereuses. "Notre désir de savoir ce qui est arrivé à Ron s'arrête dès lors qu'il met en danger des soldats", écrit-elle avec une sagesse qui honore sa douleur.
Escalade régionale
Cette opération s'inscrit dans un contexte d'escalade militaire après l'attaque du Hezbollah contre Israël, menée en "vengeance" de la mort de l'ayatollah Khamenei lors de l'opération israélo-américaine contre l'Iran. Les frappes israéliennes sur l'est du Liban se multiplient, particulièrement autour de Nabi Chit, frappée treize fois vendredi selon les autorités libanaises.
Cette nouvelle tentative infructueuse souligne les limites de la puissance militaire face aux blessures de l'histoire. Trente-huit ans après sa disparition, Ron Arad demeure le symbole d'une quête impossible, révélatrice des fractures profondes qui déchirent cette région du monde.