Cherbourg : un manifestant du mouvement Bloquons tout condamné par la justice
Le tribunal correctionnel de Cherbourg a rendu son verdict ce jeudi 11 décembre concernant un jeune homme de 28 ans impliqué dans les manifestations non déclarées du mouvement Bloquons tout du 10 septembre dernier.
Des faits survenus lors d'une manifestation non autorisée
Thomas, 28 ans, comparaissait pour des incidents survenus lors de la première sortie du mouvement Bloquons tout en France. À Cherbourg, quelque 250 manifestants avaient pris part à ces rassemblements non déclarés, défiant ainsi l'ordre public établi.
Les forces de l'ordre, déployées quai de l'Entrepôt près du centre commercial Les Éléis, avaient pour mission de sécuriser le secteur et d'empêcher tout accès au commissariat. C'est dans ce contexte tendu qu'un individu au visage dissimulé s'est détaché du cortège, éveillant immédiatement l'attention des policiers.
Un contrôle d'identité qui dégénère
Selon les témoignages des forces de l'ordre, le prévenu aurait tenté de prendre la fuite avant de porter un coup au visage d'un policier et de se débattre violemment. Thomas conteste cette version : "J'ai vu une matraque et j'ai eu très peur. Peut-être que je l'ai poussé mais il ne me semble pas avoir porté de coup", a-t-il déclaré à la barre.
L'absence d'enregistrement vidéo, aucune caméra piéton n'ayant été activée, complique l'établissement des faits. Au commissariat, le jeune homme a fait une crise d'angoisse nécessitant une hospitalisation temporaire.
Un profil particulier reconnu par la justice
La présidente du tribunal a souligné les troubles autistiques Asperger dont souffre Thomas, ainsi que ses difficultés d'intégration sociale. Malgré une intelligence supérieure à la moyenne et une scolarité brillante, le jeune homme présente des fragilités psychologiques importantes.
Ces éléments n'ont cependant pas empêché le tribunal de reconnaître sa responsabilité. "Le contrôle d'identité était justifié dans le cadre de la mission de sécurisation des forces de l'ordre", a estimé la magistrate, rappelant le contexte troublé de ces manifestations non autorisées.
Une condamnation mesurée mais ferme
Le tribunal a relaxé Thomas des faits de violence, l'intentionnalité n'ayant pu être établie. Il a néanmoins été reconnu coupable de rébellion et de refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques, deux infractions qui portent atteinte au bon fonctionnement de nos institutions.
La condamnation à quatre mois d'emprisonnement avec sursis et six mois d'inéligibilité témoigne de la volonté de la justice de sanctionner les atteintes à l'ordre public tout en tenant compte des circonstances particulières de l'affaire.
Cette décision rappelle que la participation à des manifestations non déclarées expose les citoyens à des poursuites judiciaires, particulièrement lorsque ces rassemblements perturbent l'ordre public et mobilisent inutilement les forces de l'ordre.