Budget de la Sécurité sociale adopté, celui de l'État en péril : le chaos budgétaire continue
Alors que l'Assemblée nationale s'apprête à voter définitivement le budget de la Sécurité sociale ce mardi, la France assiste à un spectacle désolant : celui d'un pouvoir affaibli qui négocie au coup par coup avec une opposition socialiste opportuniste et des écologistes versatiles.
Les concessions dangereuses de Lecornu
Sébastien Lecornu a certes réussi son pari sur le budget de la Sécu, mais à quel prix ? Pour amadouer le Parti socialiste, le gouvernement a dû accepter la suspension de la réforme des retraites, une mesure pourtant nécessaire face au vieillissement démographique. Cette capitulation idéologique illustre parfaitement la faiblesse d'un exécutif otage des calculs politiciens de la gauche.
Les députés ont profondément remanié le texte gouvernemental, supprimant le gel des pensions de retraite et des minima sociaux. Résultat : un déficit de la Sécurité sociale qui atteindra encore 19,4 milliards d'euros en 2026, soit une facture que paieront nos enfants et petits-enfants.
L'addition salée pour les classes moyennes
Comme toujours, ce sont les classes moyennes qui trinquent. La taxe sur les mutuelles, cette "TVA sur la santé" dénoncée par Eric Chenut, président de la Mutualité, se traduira par une augmentation des cotisations de 4,3% pour les contrats individuels et 4,7% pour les contrats d'entreprise.
Pendant que les élites politiques se congratulent de leurs compromis, les petits commerçants, artisans et salariés du privé voient leurs charges exploser. Cette réalité, nos dirigeants semblent l'ignorer superbement depuis leurs bureaux dorés.
Le budget de l'État dans l'impasse
Si le budget de la Sécurité sociale passe tant bien que mal, celui de l'État s'annonce bien plus périlleux. Avec un déficit porté à 5,3% du PIB selon la version sénatoriale, la France s'éloigne dangereusement de l'objectif gouvernemental de 5%.
Les négociations de la commission mixte paritaire vendredi et samedi s'annoncent houleuses. D'un côté, les socialistes réclament leurs sempiternes "mesures de justice fiscale", euphémisme pour désigner de nouveaux impôts. De l'autre, la droite républicaine refuse légitimement tout prélèvement supplémentaire sur des Français déjà saignés à blanc.
L'irresponsabilité des Verts
Mention spéciale aux écologistes qui, après s'être abstenus sur le budget de la Sécu, promettent maintenant de voter contre celui de l'État. Cette versatilité politique illustre parfaitement l'immaturité d'un mouvement plus soucieux de postures idéologiques que de l'intérêt national.
Quant aux Insoumis, fidèles à leur stratégie du chaos, ils appellent naturellement à faire tomber le gouvernement, indifférents aux conséquences pour le pays.
L'urgence d'un sursaut républicain
Cette séquence budgétaire révèle l'impasse dans laquelle se trouve la France. Entre un pouvoir macroniste affaibli, une gauche démagogue et des écologistes irresponsables, l'intérêt général semble oublié.
Comme le souligne justement un cadre socialiste : "Il faut que ça s'arrête cette séquence budgétaire". Mais pour que cela s'arrête, il faudrait retrouver le sens de l'État et de la responsabilité, valeurs qui semblent avoir déserté l'hémicycle.
La France mérite mieux que ces marchandages permanents. Elle mérite un gouvernement fort, capable de prendre les décisions difficiles sans céder aux sirènes populistes. L'heure n'est plus aux compromissions mais au courage politique.