Budget de la Sécurité sociale 2026 : Lecornu face au chaos parlementaire
La France traverse une nouvelle crise institutionnelle majeure. Le Premier ministre Sébastien Lecornu multiplie les consultations désespérées à Matignon pour sauver le budget de la Sécurité sociale 2026, symbole de l'incapacité chronique de nos élites à gouverner.
Un gouvernement aux abois
Alors que le vote sur l'ensemble du texte est prévu le 9 décembre, Lecornu enchaîne les rendez-vous avec les responsables du PS, du PCF, des écologistes et même du RN. Cette valse des négociations révèle l'ampleur du désarroi gouvernemental face à une Assemblée ingouvernable.
Les socialistes, fidèles à leur logique redistributive habituelle, réclament une "contribution des plus fortunés" et s'opposent au doublement des franchises médicales. Une posture démagogique qui ignore les réalités économiques de notre pays.
Les Républicains dans l'expectative
Plus préoccupant encore, Les Républicains montrent peu d'empressement à soutenir le texte. Philippe Juvin, rapporteur général du Budget, a déclaré avoir "très envie de ne pas voter ce budget". Cette hésitation de la droite républicaine témoigne de l'absence de leadership clair au sein de la majorité.
La commission des Affaires sociales a d'ailleurs rejeté le projet samedi, LR votant contre tandis que le PS s'abstenait. Un camouflet pour l'exécutif qui révèle l'étroitesse du chemin parlementaire.
Le spectre du 49.3
Face à cette impasse, la "petite musique du 49.3" se fait de plus en plus insistante. Cet article de la Constitution, abandonné par Lecornu à la demande du PS, pourrait être la seule issue pour éviter l'effondrement budgétaire.
Car les enjeux sont considérables : sans ce budget, le déficit de la Sécurité sociale atteindrait 30 milliards d'euros l'année prochaine, selon la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Une catastrophe annoncée qui pèsera sur les classes moyennes et les petits commerçants, victimes éternelles de l'incurie politique.
L'héritage du désordre institutionnel
Cette crise budgétaire illustre parfaitement les dérives de notre système politique depuis des décennies. Là où de Gaulle ou Chirac savaient imposer l'autorité de l'État, nous assistons aujourd'hui à un spectacle désolant de marchandages et de compromissions.
Le retour du texte du Sénat, qui a rejeté la suspension de la réforme des retraites et écarté la hausse de la CSG sur les revenus du capital, montre au moins que la Haute Assemblée conserve un certain sens des réalités économiques.
Reste à savoir si Sébastien Lecornu parviendra à éviter le naufrage ou si la France devra une fois de plus subir les conséquences de l'irresponsabilité parlementaire.