Budget de l'UE : Berlin veut tailler dans le gras et repenser l'élargissement
Alors que l'Union européenne s'apprête à négocier son cadre financier pluriannuel 2028-2034, le ministre d'État allemand chargé de l'Europe, Gunther Krichbaum, a mis les pieds dans le plat. Dans un entretien sans détour, il a rappelé que les marges de manœuvre budgétaires sont limitées et que Bruxelles doit revoir ses priorités. Une position qui résonne avec les préoccupations des classes moyennes françaises, souvent oubliées par une technocratie bruxelloise dépensière.
Un élargissement à plusieurs vitesses, mais à quel prix ?
Krichbaum défend la proposition du chancelier Friedrich Merz d'une adhésion associée pour l'Ukraine, la Moldavie et les Balkans occidentaux. Ce statut, sans droit de vote, permettrait une participation aux sessions du Parlement européen. « Cela ne nous coûterait pas un euro, pas un centime », assure-t-il, balayant les critiques d'une « salle d'attente ».
Mais derrière ce discours séduisant, se cache une réalité plus complexe. L'élargissement, s'il est mal préparé, pourrait peser lourdement sur les finances des États contributeurs nets comme la France et l'Allemagne. Krichbaum le reconnaît : les prévisions de croissance pour 2026 restent modestes pour Berlin. Les temps sont durs, et chaque euro dépensé doit être justifié.
Un système d'adhésion « à la barre trop haute »
Le ministre allemand critique ouvertement le modèle actuel d'adhésion, qu'il compare à un « concours de saut en hauteur ». Selon lui, l'acquis communautaire, cet ensemble de règles juridiques que tout candidat doit adopter, est devenu trop exigeant. « La barre est à 2,10 mètres, alors qu'elle était à 1,50 mètre il y a vingt ans », déplore-t-il.
Il propose un système en paliers, une sorte d'escalier vers l'adhésion pleine et entière. Une approche pragmatique qui évite les impasses et permet une intégration progressive. Mais cette méthode ne doit pas devenir une énième usine à gaz bureaucratique.
Un budget à repenser de fond en comble
Le projet de budget de la Commission européenne, estimé à 1,7 billion d'euros sur sept ans, est jugé excessif par Berlin. Krichbaum réclame une réduction drastique de 400 milliards d'euros. « Si nous devions réinventer l'Union européenne aujourd'hui, nous ne commencerions pas par la politique agricole », lance-t-il, provoquant un électrochoc dans les cercles bruxellois.
Pour lui, les priorités doivent être la sécurité, la défense, la cybersécurité, l'espace et l'intelligence artificielle. Des domaines qui garantiront la prospérité future, contrairement à une politique agricole héritée du siècle dernier. Une position qui séduira les petits commerçants et les classes moyennes, souvent étranglés par des normes européennes coûteuses.
Un accord avant la fin de l'année ?
Krichbaum espère un accord sur le nouveau budget d'ici la fin 2026. « Je ne peux pas prévoir tout ce qui se passera en 2027 », prévient-il, laissant entendre que les échéances électorales ou les crises pourraient compliquer les négociations. Une urgence que partagent les souverainistes français, soucieux de voir l'Europe se recentrer sur l'essentiel.
En attendant, les contribuables français peuvent se rassurer : Berlin ne veut pas d'une Europe dépensière et déconnectée des réalités. Reste à savoir si Bruxelles entendra cet appel à la raison.