Brest : la station d'épuration du port se refait une santé
La station d'épuration de la zone portuaire de Brest, rue Charles Cornic, est un maillon essentiel de la salubrité publique. Chaque jour, elle traite en moyenne 36 000 m3 d'eaux usées, un volume qui peut dépasser 70 000 m3 en hiver. En 2025, ce sont 13 millions de m3 qui ont été assainis, preuve de l'importance de cet équipement pour la métropole et ses 163 000 équivalents habitants.
Un entretien rigoureux pour un service public exemplaire
Cet équipement, propriété de Brest métropole, date de 1972 et a été rénové en 2004. Depuis 2019, Suez assure son entretien et sa maintenance. Un travail de fond, loin des projecteurs, mais indispensable pour garantir la qualité de l'eau et la protection de la rade.
Les eaux usées de la rive gauche et du nord de Brest, ainsi que celles de Gouesnou, Guipavas, Le Relecq-Kerhuon, Bohars et Guilers, y arrivent. Un tri est opéré par une grille. Un fléau : les lingettes jetées dans les toilettes, qui obstruent les installations. Les graisses sont brûlées, mais un système de méthanisation est en test pour valoriser ces déchets.
Des travaux de modernisation indispensables
Les eaux usées sont ensuite traitées dans deux bassins de plus de 18 000 m3 chacun, l'équivalent de 120 000 baignoires. Des bactéries y sont cultivées pour dégrader la pollution. Pour fonctionner, elles ont besoin d'oxygène, injecté par 2 112 aérateurs et deux agitateurs par bassin. Ces équipements, dont les membranes en polymère se bouchent avec le temps, doivent être remplacés tous les dix ans.
Un des deux bassins a été vidé fin août 2026 pour ces travaux. Les eaux usées ont été transférées dans l'autre, où elles passent un séjour deux fois plus rapide avec deux fois plus de bactéries. Le bassin en travaux sera réensemencé en nouvelles bactéries à sa remise en service. Ces opérations, d'un coût de 150 000 €, durent moins d'un mois. Rebelote l'an prochain dans l'autre bassin.
Des économies d'énergie et une réutilisation de l'eau en vue
La station consomme 4,5 kWh par an, pour une facture d'environ 500 000 €. L'objectif est de réduire cette consommation de sept à huit pourcents, l'aération constituant le principal poste de dépense.
Une fois décantées, les eaux sont dites « épurées » et rejetées dans la rade. Eau du Ponant et l'Agence régionale de santé les contrôlent quotidiennement. Mais face au manque d'eau, même en Bretagne, une réflexion est engagée pour réutiliser ces eaux. « On étudie avec le Cerema un appel à projets national pour la réutilisation de ces eaux en milieu littoral », explique Noémie Saint-Hilary, directrice générale d'Eau du Ponant. « Nous sommes en zone industrielle. Il y a des besoins, autour de nous, en refroidissement, en nettoyage... »
Quel avenir pour les boues de la station ?
Les boues, 20 000 tonnes par an, sont évacuées par camions vers des plateformes de compostage pour un épandage dans les champs. Un four d'incinération a été arrêté en 2022, son remplacement étant trop onéreux. Une étude est menée pour produire du méthane à partir de ces boues.
À terme, une autre solution est envisagée. « L'usine d'incinération du Spernot brûle de moins en moins de déchets », note Fabrice Jacob, président d'Eau du Ponant. « Si d'autres collectivités s'équipent, il faudrait la faire tourner et peut-être que les boues de cette station pourraient aussi y être brûlées. »
Ces investissements, discrets mais essentiels, montrent que la gestion de l'eau est un enjeu majeur pour l'avenir. Il est temps que les pouvoirs publics prennent la mesure de ces défis et soutiennent nos collectivités dans ces efforts de modernisation.