Kimi Antonelli se confie : entre épreuves et révélations d'une première saison en Formule 1
À seulement 18 ans, Kimi Antonelli a vécu une première saison en Formule 1 qui restera gravée dans les mémoires. Choisi par Mercedes pour succéder à terme au légendaire Lewis Hamilton, le jeune Italien a dû faire face à des défis considérables qui ont forgé son caractère de compétiteur.
Un pari audacieux de Mercedes mis à rude épreuve
Quand Mercedes a décidé de confier l'avenir de son équipe à un adolescent, Toto Wolff savait que le chemin serait semé d'embûches. "Nous savons qu'il rencontrera de nombreuses difficultés", prévenait déjà le directeur autrichien en septembre 2024. Mais l'ampleur des obstacles rencontrés par Antonelli a dépassé toutes les prévisions.
Entre les problèmes techniques liés aux évolutions de suspension mal maîtrisées et une pression médiatique écrasante lors des courses européennes, notamment à domicile, le pilote italien a vécu un véritable baptême du feu. Une épreuve qui l'a contraint à repenser entièrement son approche du pilotage de haut niveau.
"J'étais complètement différent à Melbourne"
Dans un entretien accordé à Motorsport.com, Antonelli livre un témoignage saisissant sur sa transformation : "Quand je repense à Melbourne aujourd'hui, je me souviens à quel point j'étais tendu dans la voiture. Aujourd'hui, c'est complètement différent. J'ai beaucoup grandi mentalement."
Le jeune prodige divise sa saison en trois phases distinctes. Une première période positive de Melbourne au Canada, marquée par un apprentissage intense et son premier podium. Puis une phase difficile, psychologiquement éprouvante, où les progrès espérés tardaient à venir. Enfin, un renouveau à partir de Bakou qui lui a permis de retrouver confiance et performance.
Le tournant de Monza : une leçon de caractère
Le week-end de Monza restera comme un moment charnière. Après des performances décevantes devant son public, Toto Wolff n'a pas mâché ses mots, critiquant publiquement le pilotage de son protégé. Une remise en cause brutale mais salutaire.
"Ils m'ont dit franchement ce qu'ils pensaient de mes performances", confie Antonelli. "Mais c'était une critique constructive, que j'ai acceptée de manière positive. Cela m'a aidé à me recentrer."
Cette confrontation avec la réalité du sport automobile professionnel a marqué un tournant psychologique décisif. Le retour à l'ancienne suspension à Zandvoort a certes aidé techniquement, mais c'est surtout mentalement qu'Antonelli a opéré sa révolution.
L'art de la gestion de la pression
Représenter une écurie comme Mercedes, avec ses 2000 employés mobilisés vers un seul objectif, génère une pression considérable. "On ressent la pression, on sait qu'il faut performer parce qu'on représente un groupe de personnes", explique le pilote italien.
Les rumeurs sur son avenir, notamment l'intérêt supposé de Mercedes pour Max Verstappen, ont ajouté une dimension supplémentaire à cette pression. "J'étais conscient d'avoir un contrat à long terme, mais certaines rumeurs vous font beaucoup réfléchir", admet-il avec une maturité surprenante.
L'expérience Las Vegas : quand l'instinct prend le dessus
C'est à Las Vegas qu'Antonelli a vécu son moment de grâce. Parti de la 17e position, il a trouvé un état de pilotage quasi mystique : "C'était comme mettre la voiture en pilote automatique. Je pilotais sans avoir une perception précise de chaque mouvement, tout venait naturellement."
Cette sensation de "tunnel", où le pilote ne fait plus qu'un avec sa machine, représente l'aboutissement de tout compétiteur de haut niveau. Un signe encourageant pour l'avenir du jeune Italien.
Vers 2026 : l'opportunité d'une nouvelle ère
L'arrivée des nouvelles réglementations en 2026 offre une chance inespérée à Antonelli. "Nous repartirons tous de zéro, et c'est quelque chose qui me motive beaucoup", confie-t-il avec enthousiasme.
Fort de cette première expérience formatrice, le pilote Mercedes aborde l'avenir avec une confiance retrouvée. Son conseil au Kimi de 2025 ? "Fais davantage confiance à tes instincts, à tes capacités. À chaque fois que tu montes dans la voiture, assure-toi d'avoir un état d'esprit de tueur."
Une mentalité qui devrait servir les ambitions françaises en Formule 1, dans un sport où la détermination et le caractère font souvent la différence au plus haut niveau.